Um Teto para meu Pais

Mercredi 16h et quelques, je sors du stage plus tôt. Je passe au supermarché acheter quelques bricoles pour mon weekend un peu spécial dans la favela do 21, située dans la municipalité de Carapicuiba, banlieue de São Paulo.

Ce weekend, ce sont 50 maisons construites par 565 volontaires apportant leurs bras et leur motivation. 50 maisons pour autant de familles des environs de SP, dans 3 favelas différentes. Depuis l'implantation de l'ONG au Brésil, près de 500 maisons ont déjà été construites. Um Teto Para Meu Pais est aujourd'hui présente dans 19 pays de l'Amérique Latine.

Le rendez-vous est à 19h dans une école en centre-ville. Là, les volontaires sont répartis en groupes, surnommés "écoles": je suis dans l'école Argentine - bleu. Pas mal d'attente, le temps que tout le monde arrive, puis une petite présentation et quelques discours pour animer les troupes (qui sont déjà motivées!). Puis on se regroupe par école pour attendre les bus nous emmenant dans les favelas où seront construites les maisons.

Après environ une demi-heure de bus, nous arrivons dans l'école où nous dormirons. La plupart des brésiliens commencent à gonfler leurs matelas pneumatiques... moi je déplie mon sac de couchage et mon lit est déjà prêt, le carrelage comme matelas!

Avant de dormir, une petite activité pour mettre l'ambiance, une partie de Jan-ken-pon géante, jeu autrement appelé pierre-papier-ciseaux dans les contrées francophones. Puis vient le temps de profiter de quelques heures de sommeil avant un réveil en fanfare...

On double

Cette semaine est sympathique, parce que bien courte! En effet, jeudi et vendredi ont lieu 2 jours fériés consécutifs.

Le 21 avril est le jour de Tiradentes, le pauvre bougre qui a été pris en exemple, écartelé en 1872 pour avoir participé à un des premiers mouvements d'indépendance du Brésil. Alors qu'il eût un rôle très minime, il fût transformé en héros par l'histoire.

Le 22 avril est le Vendredi Saint précédant Pâques.

Ainsi, il y a du chocolat dans les magasins, et un gros weekend de 4 jours pour les brésiliens (et les étrangers au Brésil en profitent aussi hehe). Les étudiants de l'USP ont le bonus d'avoir une semaine de vacances, mais cela ne m'enlève pas le stage, malheureusement: donc pas possible de partir une semaine à la plage comme certains de mes camarades.

De plus, du jeudi au samedi, je vais porter des panneaux de bois, enfoncé des clous et faire un peu de peinture. Je me suis inscrit à Um Teto Para Meu Pais, une association humanitaire qui construit des maisons pour des familles des favelas. Cette semaine, ce seront 50 maisons qui seront construites par environ 550 jeunes volontaires, dans différentes favelas de SP. A vos marteaux!

C'est fait!

C'est bon, le semi-marathon est passé. Et je suis toujours vivant.

Je suis donc allé chercher mon dossard samedi matin, ainsi que la puce pour avoir son chrono personnel, avec un T-shirt en bonus. Chacun a une puce, vu le nombre de participants (entre 8000 et 11000 paraît-il), tout le monde ne part pas en même temps. Plusieurs minutes séparent donc la tête de la course et la lanterne rouge, la puce permet d'enclencher le chrono lorsque le coureur passe réellement la ligne de départ. Pour l'anecdote: en récupérant mon dossard, je rencontre un groupe de 5 français! Ils étudient au Brésil (mais dans le Minas Gerais) et sont venus à SP faire le semi. Les français sont partout!

Et ce matin, j'avale une barre de céréales et je pars pour la course, à 6h... le départ ayant lieu à 7h30. Les journées commencent tôt au Brésil. Et ainsi, cela permet de terminer avant 10h-11h et évite qu'il fasse trop chaud... et l'après-midi, il pleut fréquemment. Je marche/trottine dans l'université, puis passe tous les stands des club de course paulistas... et il y en a un paquet. Et voici, la ligne de départ. Je retrouve les français de la veille, ainsi que Murielle, Adrien et Yann et on se motive pour la course.

Pan! C'est parti. On piétine quelques instants, puis on passe la ligne, le chrono démarre. Il y a pas mal de monde et il faut bien slalomer pour ne pas marcher sur les concurrents, mais cela se décante après quelques kilomètres. Quelques volontaires encouragent les participants mais bien moins qu'à Paris.

Les jambes déroulent, les kilomètres défilent. Il y a environ un ravitaillement d'eau tous les kilomètres. Au km 10, on a même le droit à un verre de boisson énergisante... mais boire en courant ne m'a apporté qu'un point de côté que j'ai traîné un bon km.

Puis on continue. Au km 13, on passe tout près de l'arrivée... sauf que je suis du mauvais côté de la barrière. Les premiers sont déjà arrivés... Vers le km 17/18, nouveau passage difficile et je perds du temps. La cuisse gauche commence à fatiguer, et le parcours n'aide pas au moral: on va à un endroit, et on revient sur nos pas. Ils auraient pas pu faire une jolie boucle, mais non. J'attendais le virage (en bas à gauche de la carte) avec impatience. Une fois atteint: tous les mètres parcourus me rapprochent de l'arrivée, youhou!

Puis viens mes panneaux préférées: 800m, 600m, 400m, 200m et je sprinte, pour le style. Temps officiel 2h02... mais avec le décalage du départ, je pense être sous la barre des 2h, donc tout va bien! D'ailleurs, en passant la ligne d'arrivée, une volontaire me demande si tout va bien. Je dois être un peu rouge et grimace un peu. 21 bornes et un sprint, j'ai le droit d'être fatigué, non?

Puis tous les participants reçoivent un sachet avec un petit sandwich, une pomme, une nougatine, un œuf de Pâques en chocolat et une médaille! Cela fait du bien avant d'affronter les 3 ou 4 km supplémentaires pour rentrer chez moi.

Et là, en écrivant tout cela, je jette un coup d'œil au site du semi: 1h 58min 50s. Contrat rempli!

On mouille le maillot

L'entraînement continue!

Aujourd'hui, 14,4 kilomètres en presque 1h30... c'est pas encore du super temps, mais il faut passer par là pour ne pas exploser ses rotules le jour J!

En tout cas, je ne sais pas si c'est le climat paulista, mais mon T-shirt a changé de couleur. Il est parti vers le foncé... (oui, c'est vrai que ce n'est pas très glamour comme photo...).

Pour me récompenser, je me suis autorisé quelques minutes de baignade dans la piscine. Ces derniers jours, les premiers d'automne, nous ont offert le soleil, alors faut en profiter!

21,1

Kilomètres... c'est-à-dire un semi-marathon, comme on dit dans le milieu.

C'est la dernière "bonne idée" que j'ai eu ces derniers temps. Je mets des guillemets parce que mon endurance actuelle est loin d'être tip top. Je n'ai fait que très peu de footing récemment. L'idée du semi a surgi il y a presque deux semaines maintenant et je dois avouer que j'ai du mal à placer plus d'un entraînement par semaine, entre les cours, le stage et les ampoules aux pieds. Le site des inscriptions donne quelques conseils: garder au moins un jour de repos par semaine. Pour l'instant, je respecte largement cette règle.

Et courir sur les trottoirs défoncés, rasé par les voitures, les bus et camions dans les rues paulistas, cela n'est pas très motivant. Heureusement, je peux aller dans l'université. Tous les coureurs et cyclistes qui s'entraînent là l'ont compris. Il y a un grand rond-point où des dizaines d'entre eux font des tours, et des tours... et les bus avec eux. Ils sont quand même bien motivés.

M'enfin, je n'ai plus le choix, je me suis inscrit cette semaine pour R$70 et le semi a lieu le 10 avril!

Weekend pauliste

Chose promise, chose due, je suis donc parti à la plage ce weekend, à Guarujá. A cinq (six avec Stanley), nous avons décidé de louer une voiture plutôt que de prendre un bus. La voiture a son avantage: la liberté! On va où on veut, sans contrainte.

Mais la voiture a quelques inconvénients également. Déjà, il faut la louer... donc samedi matin nous sommes partis à l'assaut des agences de location dans le centre. Au bout d'une demi-douzaine d'entre elles, nous trouvons un prix raisonnable, banco pour R$80 par jour pour le modèle de base, le kilométrage illimité et l'assurance incluse. Enfin une sorte d'assurance, il y a toujours une franchise de R$2500 en cas de dégradation... espérons qu'il n'y en aura pas!

Une bonne demi-heure plus tard, le temps de régler la paperasse, un peu plus compliquée pour des étrangers, nous prenons possession du véhicule. C'est Adrien qui conduit, mais pas en tongs stp. Ah la jeunesse!

Conduire à São Paulo, c'est un sport. Il ne faut pas changer de file n'importe comment pour ne pas renverser les motards qui se faufilent entre les voitures, s'imposer face aux autres chauffeurs et trouver sa route dans cette jungle routière. Mais à la mi-journée, nous sommes à Guarujá sans pépin. Quelques courses et nous pouvons aller manger nos sandwichs au bord de la plage. Pour se stationner, un type nous demande R$5. Payer un gars qui ne sert à rien pour regarder le parking toute la journée est une pratique courante au Brésil.

Cloclo avait raison, c'est quand on est derrière les carreaux qu'il fait beau. Après un Carnaval pluvieux et du soleil à SP lorsque que je suis allé au stage, ce samedi, les nuages se sont installés sur le littoral. Heureusement, la température est assez élevée pour profiter de l'océan. Puis en soirée, nous nous rendons en ville afin de trouver une pousada pour la nuit. De nouveau, un gars nous demande des sous pour le stationnement, en menaçant: "la voiture va partir dans la nuit". Cette fois-ci, on refuse, faut pas pousser.

Le lendemain, nous retournons à la voiture, et remarquons une rayure sur la porte avant droite. Aïe! L'imagination commence à vagabonder: cela doit être le type de hier soir qui s'est vengé puisque l'on ne l'a pas payé! On se fait des films jusqu'au soir, lorsque que nous réfléchissons et regardons le papier de l'état des lieux de la voiture: la rayure est déjà signalée...

Puis nous nous rendons à Prainha Branca, la plage la plus au Nord de Guarujá. Là, nous avons plus de chance, le soleil fait son apparition. Une tortue plus vraie que nature aussi. R$1500 la bestiole... elle restera sur la plage. Nous profitons du soleil et des vagues un peu bizarres. En effet, certaines vagues formaient des sortes de mur d'eau lorsqu'elles rencontraient d'autres vagues réfléchies par le rivage. Pas facile à expliquer comme cela, mais je n'avais jamais vu ce phénomène amusant.

Et puis est venue l'heure de rentrer sur SP, et en bons paulistas, de tomber dans les bouchons du dimanche soir.

Água

Voilà, le Carnaval est fini. Je suis retourné le passer à Ouro Preto, dans l'intérieur de l'état du Minas Gerais. Des concerts, des défilés, des fanfares... et contrairement à l'an passé: de la pluie et de la boue! De la pluie tous les jours, et quasiment en permanence. Pour les défilés en ville dans les rues pavées, pas de boue, mais devant les scènes où ont lieu les concerts, c'est une autre histoire. Il fallait alors prendre la dure décision de partir en tongs au risque d'avoir froid, ou bien en chaussures au risque de les voir virer au maron... j'ai testé les deux. Mes pieds et mes tennis s'en souviennent encore! Plus d'infos sur Ouro Preto ou le Carnaval dans les messages postés en février de l'année dernière.

Mais les aléas climatiques n'ont pas empêché Stanley de sortir pour profiter du Carnaval, heureusement qu'il est bien étanche!

La pluie, cela ne me manquait vraiment pas, puisqu'il n'en a pas manqué à São Paulo ces derniers mois. Il y a eu quasiment un orage par jour en janvier et février.

Certaines fois, c'était même impressionnant. Un jour, je reviens de la pause déjeuner avec les collègues au stage, et nous rentrons pile poil avant que la pluie n'arrive, alors qu'il faisait un soleil de plomb une heure avant. Il pluviote un moment, puis arrive le déluge. Une forte pluie, des rafales de vents, et l'immeuble d'en face disparaît derrière un épais brouillard. En 10 minutes, la rue est inondée et le courant coupé, un motard glisse, des bouchons se forment. Cela est fréquent à SP, mais le problème, c'est que sans courant, tu ne peux plus travailler. Je suis donc rentrer chez moi plus tôt que prévu, ce qui n'est finalement pas désagréable. Et il n'y avait pas de courant chez moi non plus jusqu'à 19h. Il n'y en avait plus non plus dans les rues, même les feux de circulation étaient éteints!

Au moins, maintenant, la météo a l'air de s'améliorer. Je n'ai pas encore eu de pluie depuis mon retour de Ouro Preto. Pourvu que cela dure. Malheureusment, les températures vont commencer à baisser... on va vers l'hiver ici. Alors faut en profiter maintenant: demain, direction plage!