Cédric et Lucile (bis)

Le lendemain, le réveil est à 9h après une bonne nuit récupératrice pour tout le monde. Petit déjeuner tranquille puis nous partons pour le parc Anhangabau dans le centre et montons à la Tour Banespa pour profiter d’une vue dominante sur la ville. Puis les estomacs se manifestent, nous suivons donc les conseils du Routard. Ce sera picanha (une grosse pièce de bœuf). Le restau est assez classe, les serveurs sont au taquet, ils veulent même nous mettre la nourriture dans l’assiette. Même si le plat est sur sa table, pour continuer à manger, le papy de la table d’à côté attend que le serveur le resserve. Cela doit être les restes de l’époque esclavagiste au Brésil.

L’après-midi, je pars acheter les billets de bus en avance pour notre voyage du lendemain. Je laisse donc C&L dans les rues paulistas pour se rendre au musée du foot. Je les retrouve en fin d’après-midi, sans soucis. Les premiers contacts avec les autochtones sans ma présence s'est bien passé, la phrase magique « não falo português » (= je ne parle pas portugais) a été plus que utile tout de même!

Je leur fais découvrir le rodizio de pizza (= pizza à volonté) puis nous passons par l’université dans une petite fête étudiante. Mais nous rentrons tôt, j’ai tout de même un devoir le lendemain…

Bem-vindo primo

Et voici leur tour de fouler le sol brésilien: Cédric et Lucile (mon cousin et sa copine, que je nommerait C&L par soucis de commodité) atterrissent à Guarulhos tôt ce matin de mercredi. En bon accueillant, je me réveille à 3h45 pour aller les récupérer. Ils ont fait bon voyage, même si 12h de vol «c’est un peu long»!

Vers 8-9hLes paulistas vont au boulot: donc la première attraction de leur voyage, c’est la ligne de métro la plus bondée du monde à l’heure de pointe... Je les emmène d’abord chez moi pour qu’ils puissent poser leurs affaires et tenter une baignade dans la piscine qui se conclura par un trempage jusqu’aux cuisses pour Cédric, pas plus. Bah on approche de l’hiver ici.

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Puis direction l’Avenida Paulista pour voir ses buildings, puis à pied jusque le centre de SP. Nous mangeons une feijoada, un plat typique brésilien à base de riz, de feijão et de viande de porc. Ensuite, nous continuons le tour : Praça da Sé, le bazar de la Rua 25 de Março, le Mercado Municipal… il n’y a qu’à suivre le guide. Moi, en l’occurrence.

Avant de rentrer, nous faisons quelques courses pour agrémenter les galettes et crêpes que C&L m'ont ramené. Miam, les papilles sont ravies.

Tomber la chemise

Voilà, après 7 mois, je viens d'arrêter le stage. Fini les chemises, je peux retourner en cours en tongs... dommage qu'il fasse trop froid pour cela.

J'ai également eu le plaisir de découvrir que les stagiaires au Brésil ont le droit à des congés payés. Une sorte de huitième mois de paye dans mon cas! Une nouvelle loi paraît-il.

Ce vendredi, j'ai donc rendu mon ordinateur et fais le tour des collègues pour dire au revoir. En gardant le patron pour la fin. Il me dit que si je voudrais rester travailler là, il n'y aurait pas de soucis, et qu'il pouvait même me faire une proposition! Et il ne rigolait pas...

En tout cas, cela va considérablement alléger mes semaines. Maintenant, je vais pouvoir penser tranquillement aux vacances :)

Fri(g)o

Le thermomètre chute à São Paulo. C'est l'hiver qui arrive. Le temps des shorts et des tongs est révolu, aujourd'hui, les manches longues sont de mises.

En journée, cela reste tout de même correct pour un hiver. Le soleil se manifeste de temps en temps, et les minimales tournent à 10°C dans le pire des cas. Tout de même, le Brésil est un pays tropical oui ou m....

Ce sont surtout les nuits où il fait froid. Surtout quand sa chambre est exposée au vent et a ses 6 façades en contact avec l'extérieur! Oui, 6: 4 murs, le toit et même le sol (chambre sur pilotis!). Alors il peut faire froid la nuit. Alors je me suis équipé: je viens d'acheter un petit chauffage électrique d'appoint (chose que j'aurais dû acheter il y a longtemps). C'est moins écolo que de se geler les miches, mais cela m'évitera de me réveiller avec un mal de gorge.

Il pose fièrement sur la photo de droite. Au grand dam du ventilateur qui tourne en rond... euh non justement... il s'ennuie pas mal en ce moment. Remarquez également un truc vert en bas de ma porte. Mon proprio l'a fait installé hier. Cela faisait 4 mois que je lui avais réclamé: rafistoler ma porte qui avait un trou, où le vent se plaisait à s'engouffrer. Mieux vaut tard que jamais comme on dit.

Les yeux plus gros que le ventre?

En cours de "planejamento urbano" (= planification urbaine), la semaine dernière, le professeur a soulevé la question suivante: le Brésil (et notamment São Paulo) sera-t-il prêt pour l'organisation de la Coupe du Monde de footbal en 2014?

Pour l'Afrique du Sud, la question principale tournait autour de l'insécurité, et le pays s'en est finalement très bien sorti. Dans la tête des brésiliens, l'Afrique apparaît parfois comme un continent sous-développé, les clichés sont nombreux (de la même façon que les européens ont des clichés sur le Brésil...!). Mais les brasileiros sauront-ils faire aussi bien?!

Petit retour sur les faits:

Après les Jeux Panaméricains à Rio en 2007, le Brésil va acceuillir 2 des principaux évènements sportifs mondiaux en un cours laps de temps. Ceci n'est pas dû au hasard, mais à une volonté claire du Brésil pour s'affirmer sur le plan international, que ce soit au niveau continental ou mondial. Les candidatures ont été fortement appuyées par le gouvernement. Pour l'obtention des JO, parmi la palette d'arguments, se trouvaient pêle-mêle le développement durable, le fait qu'à part la Chine, aucun autre pays dit "du Sud" n'avait organisé l'évènement, et des avantages économiques accordés aux pays soutenant la candidature...

Concernant la Coupe du Monde, la FIFA a annoncé en 2003 qu'elle aurait lieu en Amérique du Sud pour la première fois depuis l'Argentine en 1978. Pour décrocher le sésame, le Brésil s'est d'abord appliqué à être le seul candidat. La Bolivie a été écartée à cause d'une nouvelle règle de la FIFA interdisant les matchs à plus de 2500m d'altitude. L'autre concurrent était la Colombie, mais le Brésil, en élargissant son réseau au sein de la FIFA et de la confédération sud-américaine de football, a privé la Colombie de soutien, et sa candidature potentielle n'a pas eu de suite. De ce fait, le Brésil, unique candidat, obtient la Copa.

Mais ce n'est que la première étape d'un long parcours. Encore faut-il avoir la capacité d'accueillir les supporters du monde entier. Des défis importants sont à relever dans un pays en développement comme le Brésil: stades, transports, logements, sécurité... surtout lorsque que l'on sait que Rio est bordé de favelas (même si vous savez que la plupart des gens qui habitent dans les favelas sont des gens bien!) ou qu'à SP une pluie un peu violente peut créer des inondations en 10 minutes et paralyser le trafic routier.

La FIFA n'a pas encore arrêté le choix des villes organisatrices. Pour certaines comme Manaus ou Recife (image de synthèse à droite), accueillir quelques matchs serait l'occasion d'apparaître sur le plan national et international. Mais reste encore a ne pas sous utiliser les équipements après la Copa. A Rio, ce sera un échauffement pour les JO. Le Maracanã est déjà en travaux pour se refaire une beauté.

São Paulo, c'est une autre histoire. Le Morumbi (photo), un temps destiné à recevoir le match d'ouverture, fût écarté il y a un an, les entités responsables n'étant pas capables de présenter à la FIFA les conditions techniques et financières requises. Mais les paulistas peuvent-ils se permettre de ne pas occuper un rôle de premier plan durant la Coupe? Une ville qui se targue d'être la capitale économique du pays et plus encore, comportant la majeure partie de la population et 3 des plus gros clubs de foot du championnat national, n'aurait qu'un rôle de spectateur?

Je crois que ce serait trop pour l'orgueil de SP. En fait, un autre projet de stade a vu le jour (image de synthèse à droite). Mais les travaux n'ont quasiment pas commencé, perdus dans les couloirs des administrations fédérales, régionales et municipales. La construction sera baigné dans la sueur et le stress! Au-delà, la ville devra aussi améliorer les conditions de transport pour que ceux qui auront acheté leurs places à prix d'or ne soient pas contraints d'écouter le match à la radio, coincés dans les bouchons ou s'entassant dans un métro surpeuplé (le plus chargé au monde).

La ville doit d'abord régler les problèmes quotidiens avant de penser sereinement à l'échéance de 2014. De même, les aéroports brésiliens en général n'ont pas les infrastructures suffisantes pour faire face à l'envol de leur fréquentation, souffrant d'un manque d'investissement au cours des 20 dernières années. Et en 2014?

Le temps presse... et même si tous les clichés ne sont pas vrais, les brésiliens ne sont pas reconnus pour leurs capacités d'organisation et d'anticipation!

Y'a pas de souchis!

Après les rodizios de pizza, après la churascaria (restaurant de viande à volonté, NDLR), je me devais de tester le rodizio de sushis. Le restaurant à volonté, une formule très brésilienne, adaptée à la gastronomie nippone.

C'est chose faite depuis la semaine dernière. Dans le quartier de Liberdade, le quartier asiatique de São Paulo, je me suis gavé de sushis, temakis et autres sushimis. A vrai dire, je ne me rappelle pas trop des noms! Mais il y a surtout du riz et du poisson cru. Mon préféré restera le sushis qui est accompagné de mangue.

De plus, nous avons eu le repas à moitié prix, en achetant des coupons d'une offre spéciale sur un site internet... alors faut pas se priver.

Um teto para o Brasil

Dernière ligne droite. Une nouvelle fois, je me réveille sur mon carrelage, le dos de plus en plus courbaturé, mais vient déjà la troisième et dernière journée. Il est temps de finir cette maison.

Il ne nous reste plus que deux étapes à conclure: finir le toit et peindre l'extérieur. Nous finissons de fixer la charpente, puis installons les tôles qui viennent protéger l'habitation des intempéries.

Pour peindre les murs extérieurs, nous avons reçu l'aide du fils de Danilo. Il habite normalement avec sa maman, dans une autre favela, mais nous a rejoints pour l'occasion de l'inauguration de la maison! Bon, comme il faisait pas mal le malin, il a reçu quelques coups de pinceaux!


Une fois les fenêtres et la porte fixée, notre tâche était accomplie: monter une "maison d'urgence" en 3 jours. Il ne reste plus qu'à l'inaugurer. Nous remettons officiellement la maison à Danilo, en espérant avoir améliorer son quotidien. Evelyn, notre chef d'équipe, dit quelques mots la larme à l'oeil, c'est sa première construction en tant que chef d'équipe. Elle ne mesure que 1m51 mais a très bien guidé son chantier!


Alors évidemment, ce n'est pas le grand luxe. Nous n'avons installé ni électricité, ni eau courante, ni sanitaires... mais les habitants des favelas se débrouillent toujours pour se raccorder en courant et en eau, et l'entraide dans la communauté est toujours là. L'association ne bénéficie pas non plus de moyens exceptionnels, et combattre l'extrême pauvreté sur le continent sud-américain est un vaste chantier... loin d'être terminé.