Jour 81 - Catedral de sal


Un coup de Transmilenio, un autre de minibus, et nous sommes dans la petite ville de Zipaquirá. Nous venons voir la Catedral de sal... une cathédrale en sel. En fait, c'est une ancienne mine de sel qui, à la fin de son exploitation, fut réaménagée en attraction touristique: "la première merveille touristique de Colombie", d'après la propagande.

Une première cathédrale fut construite par les ouvriers dans les années 50, mais elle est interdite au public depuis 1990 par mesure de sécurité.

La visite commence, nous entrons en groupe et à pied par le tunnel de l'entrée principale. Au bout de ce tunnel, après quelques dizaines de mètres, les parois sont entièrement en sel. Nous passons une série de cryptes, ponctuée d'immenses galeries sur le côté. Au bout, une coupole, puis le cœur de la cathédrale. Tout est vraiment énorme, fruit de l'extraction de millions de tonnes de sel. Nous terminons par la projection dans un auditorium, installé à l'intérieur de la mine lui aussi (!), d'une vidéo expliquant les origines de cette mine de sel et la configuration de la cathédrale.

Il y a 135 millions d'années, la mer recouvrait le territoire colombien actuel. Avec la formation des Andes, un bout de mer a subsisté et seul le sel est finalement resté. Les indiens exploitaient déjà le sel en surface, puis les forages ont débuté avec les colons, avant de passer à un niveau industriel. La mine en est à son troisième niveau d'exploitation. Il est prévu d'en extraire du sel jusqu'en 2030.

Une fois ressortis dans entrailles terrestres, nous repartons à Bogotá, récupérons nos sacs, et prenons la route des cartels: Medellin nous attend.

Jours 79 et 80 - Bogotá

Près de 7 millions de bogotanos peuplent la ville. située à 2640 mètres d'altitude. Notre auberge, dans le quartier de Candelaria, près du centre mais plutôt pauvre, malgré de belles bâtisses, est plutôt vide. Nous ne sommes pas au sommet de la saison touristique, la couche de nuages qui ne disparaîtra pas pendant nos quelques jours dans la ville, semble le confirmer.

Nous allons visiter le musée de l'or, un gros musée, assez réputé si j'ai bien compris, notamment pour ses 36000 pièces d'orfèvrerie précolombiennes. La collection compte également de nombreuses pièces en céramique, pierre, coquillages ou encore textile.

Après une foultitude d'objets en tous genres, la visite se termine par une salle en l'honneur de la diversité des couleurs de peaux des colombiens et colombiennes. En effet, à la manière du Brésil, la Colombie est un des pays les plus métissés au monde.

Nous arrivons aussi à téléphoner à Camilo, un colombien qui a étudié avec nous à São Paulo. Il nous invite à une fête. On galère un peu à trouver l'endroit, se perdant dans l'étiquetage des rues (entre la 60 et la 61b ou 61c...). Une fois arrivés, tous les amis de Camilo sont contents de nous dire les quelques mots qu'ils savent en français !

A Bogotá, il est également possible d'emprunter le Transmilenio. Un système de transport de masse révolutionnaire. C'est un réseau de bus ayant la capacité de transporter autant de monde qu'un tramway, voire plus. Des voies réservées, des stations d'embarquement, des bus en accordéon de grande capacité et tout un tas d'éléments faisant de la ville une vitrine pour une multitude de villes de par le monde, possédant maintenant des systèmes similaires, beaucoup moins cher que la construction d'un métro. Le Transmilenio a métamorphosé la ville, réhabilitant des quartiers entiers. Il paraît que le maire de la ville ne s'est pas fait que des amis parmi les cartels...


Jour 78 - Parque Nacional del Café



Nous rejoignons la ville de Montenegro, de là, des taxis-jeeps partent pour le parc du café... un parc d'attractions dont le thème principal est... le café ! La Colombie est un des princiapux producteur mondial, cela mérite bien un peu d'attention. Première "attraction", le musée. On y apprend que le café provient d'abord d'Ethiopie. Ce sont ensuite les arabes qui le diffusent en Europe avant qu'il ne conquiert le reste du monde. Il existe deux variétés principales, l'arabica prédominant en Colombie et le robusta.



Après, c'est parti pour les manèges ! Montagnes russes, un ascenseur surboosté, un petit train, un mini-karting... une douzaine d'attractions principales. Cela ne vaut pas Disney ou le parc Astérix, mais je ne pensais vraiment pas trouvé un parc comme cela dans ce coin de la planète.

A nos dépens, nous déjeunons à l'intérieur du parc: c'est cher et très mauvais. Et puis, on n'a même pas bu une goutte du fameux breuvage dans le parc, ni en Colombie d'ailleurs !

Nous sortons du parc en début d'après-midi et retournons à Armenia. Là, nous hésitons entre un bus de nuit ou un direct pour Bogotá. Nous décidons de partir de suite et nous voilà sur la route de la capitale. J'en profite pour lire mon guide de voyage: j'apprends que les routes sont dangereuses en Colombie du fait des guérillas, même si cela est moins vrai actuellement, la présence policière et de l'armée s'étant accrue. Et au moment où je lis ces lignes, le bus est arrêté par un contrôle de l'armée. Fusils mitrailleurs à la main, ils inspectent les papiers de tout le monde ou presque. Les miens et ceux de Yann ne les intéressent pas. Je pense que ce moment résume assez bien la situation du pays: nid de violence il y a encore peu de temps, les autorités ont réussi à reprendre le contrôle de la majorité du territoire.

Et hop, nous voilà à Bogotá.

Jour 77 - Valle del Cocora

Aujourd'hui, nous trouvons un bus pour Salento. Là, on attend sur la place principale qu'une jeep se remplisse de touristes pour nous emmener. On peut manger des chulados, une énorme glace pour trois fois rien. Une fois de plus, nous faisons confiance à notre estomac.

Un peu avant 1h, une jeep est prête à nous accueillir contre quelques milliers de pesos. Quelques autochtones s'ajoutent, eux ne payent rien. Après 15 minutes, nous voilà au début de la Valle del Cocora. Un des touristes de la jeep, un hongrois, nous demande de lui faire la traduction pour qu'il loue un cheval. Chose faite, on le laisse sur son canasson et nous partons à pied.

La valle del Cocora est emblématique du pays, bien qu'elle nous était inconnue quelques jours auparavant. C'est un ami colombien qui nous en a parlé et conseillé d'y passer. Elle est le berceau de l'arbre national en Colombie, la palma de cera del Quindí, un palmier poussant dans les montagnes et atteignant les 70 mètres de haut.

Après 4 de marche sur les sentiers, entrecoupées d'une petite pause/sieste sur les hauteurs, nous revenons au point de départ des jeeps. On trouve une pour le retour à Salento, debout sur le marche-pied arrière. La valle del Cocora, sans être époustouflante pour les yeux, est un très bon endroit pour faire des petites randonnées sympa. Elle me fait penser à des paysages asiatiques... me demandez pas pourquoi, surtout que je n'ai jamais posé un orteil sur ce continent (pas pour le moment en tout cas).

A Salento, nous savourons un nouveau chulado, puis regagnons Circasia pour la soirée. La place principale est agréablement animée pour un tel petit bled. De quoi savourer d'énormes burgers préparés par la gargote du coin.

Jour 76 - On avance

On se réveille tranquillement, et on se refait une salade de fruits pour le petit déjeuner. J'en profite pour m'acheter une montre à un gars dans la rue: 8000 pesos, soit moins de 4€ ! Une casio, étanche avec chrono, c'est pas une rolex, mais c'est bien adapté pour voyager, et j'aurais l'occasion de croiser une demi douzaine de gens avec le même modèle au poignet, de l'indigène dans les caraïbes, au touriste allemand en auberge de jeunesse.

Nous décidons de partir pour notre prochaine étape, ayant à peu près fait le tour de Cali, direction la vallée du café. 3h de bus et nous sommes à Armenia. On est un peu plus à l'arrache que d'habitude, la nuit est déjà tombée et on a pas de logement. On veut viser Salento, là où il y a des choses à voir, mais il n'y a plus de bus. Alors on bifurque pour un bled nommé Circasia, et on verra pour Salento le lendemain. Nous arrivons donc à Circasia. On fait le tour de la place principale de cette petite bourgade tranquille un peu perdue au milieu de la Colombie. Il n'y a qu'un seul hôtel, et il y a une chambre. Pour le même prix que le dortoir de la veille, on a une chambre sympa. On discute un peu avec le gars qui s'occupe de l'hôtel pour savoir ce qu'on peut voir dans le coin, puis dodo.

Jour 75 - Cali

7 heures du matin, nous arrivons à la gare routière. Nous optons pour le bus afin de rejoindre une auberge que l'on nous a conseillée. La ville possède de bonnes lignes de bus, mais c'est un peu difficile au début pour comprendre comment trouver sa route. Les rues sont numérotées mais ne sont pas du tout parallèles entre elles, alors cela donne des trucs bizarres.

Tant bien que mal, nous arrivons à destination sous une chaleur déjà écrasante. Puis nous repartons faire un tour en ville et là, rien de mieux qu'une énorme salade de fruits à un stand de rue. C'est peut-être le meilleur moyen de choper la tourista... mais c'est tellement bon que l'on fait confiance à nos estomacs.

En début d'après-midi, nous sommes de retour à l'auberge pour une séance de yoga. Au début, on fait semblant de dormir, ensuite on suit les mouvements de la prof en essayant de comprendre ce qu'elle raconte en anglais et on termine par des "yoooooooms"... évidemment.

Nous ressortons prendre un délicieux jugo de mora (jus de mûres) avant le cours de salsa, toujours à l'auberge. On retranspire de plus belle en suivant les pas de cette nouvelle prof. Il faut tout de même préciser que Cali (la ville, pas le chanteur) est considérée comme la capitale de la salsa en Colombie. Au vu de l'importance de cette danse pour les colombiens, ce n'est pas rien.

Jour 74 - Colombia

Nous nous réveillons un peu tardivement. Un petit déj' et nous bouclons nos sacs pour la Colombie. Un bon bus nous emmène jusqu'à la frontière. Enfin, à quelques kilomètres, car il faut encore prendre un taxi pour arriver à la frontière. En fait, un autochtone et sa femme s'improvisent taxi, le gars est sympa et aime bien parler. Il route vite... et sur la voie de gauche ! Il est fier de lui, et nous demande si on a flippé ! En fait, c'est une deux voies à sens unique. Nous arrivons donc rapidement à la frontière.

A la frontière, je me rends compte que je n'ai pas eu de papier d'entrée. SI j'en crois une affiche dans le poste frontière, c'est 200 dollars d'amende... aïe aïe aïe. Je vérifie dans mes papiers en vain. Finalement le douanier ne me le demande pas. Ouf. Nous quittons ainsi l’Équateur, un petit pays agréable et montagneux, rappelant la Bolivie, en un peu plus développé tout de même.

Nous passons la ligne frontière à pied. Une poignée de gars, liasses de billets et calculatrice à la main, nous assaillent pour que l'on change notre monnaie avec eux. Ne connaissant pas les taux, nous craignons l'arnaque, alors on cherche plutôt un taxi. Nous retirons avant d'arriver à la gare routière puis prenons un bus, pour notre première étape colombienne.