Jour 45 – Mendocita


Une journée tranquille sous le soleil de Mendoza, l’occasion d’aller manger une glace sur un conseil du guide du Routard, les argentins sont assez bons sur les glaces, influences italiennes obligent. A la table d’à côté, un autre guide du Routard : un couple de bretons ! Lui de Crozon, elle de Lizio. Les bretons sont partout ou le monde est petit ?

Nous flânons un peu sur le marché de la place principale, toujours les mêmes babioles à vendre. Puis nous cherchons la poste… fermée. Il nous faut juste une boîte aux lettres pour envoyer quelques cartes postales. Nous demandons donc à une passante, puis deux.... Personne ne sait. Ils n’envoient pas de lettre ici ? Au bout de la troisième personne, on a une piste : une vieille boîte métallique sale se situe dans un coin de la rue. On n’est pas sûr de notre coup, notre informateur non plus, mais on peut y glisser les cartes. Les boîtes de la poste sont rouge en Argentine, suffit de le savoir.

Puis nous achetons nos billets de bus pour le lendemain. De retour à l’auberge, c’est soirée pizza internationale avec les londoniens et toutes sortes de latinos : Argentine, Colombie, Mexique…

Jour 44 – Tinto o branco ?


Au petit matin, nous partons chez Monsieur Hugo, sur les conseils du personnel de l’auberge. Tom et Cat, un couple de jeunes londoniens, se joignent à nous pour trouver la route, et surtout le bon bus pour s’y rendre.

Mais qui est-ce donc que ce Monsieur Hugo que vous ne savez pas qui est-ce et que vous vous demandez qui c’est ? Le caractère alambiqué de cette phrase reflète comment les visiteurs de Monsieur Hugo peuvent s’exprimer à la fin de leur journée. Monsieur Hugo loue des vélos. Rien de bien extraordinaire…
Mais voilà, il se trouve que Monsieur Hugo se trouve au beau milieu des vignes. A peine arrivé, avant de nous montrer les vélos, il nous pose la question suivante : tinto o branco ? Comprenez par là : un verre de vin rouge ou un verre de vin blanc ?

Aurélien, Florian et moi optons pour le tinto : acquiescement du bon Hugo. Paperasse réglée, nous enfourchons nos bécanes et partons pédaler à travers les cépages de Malbec. Nous trouvons nos compagnons londoniens partis louer des vélos chez la concurrence. Ils n’ont donc pas le droit au (bon ?) vin de Monsieur Hugo.

Le musée du vin est notre première étape. Il se situe dans une des premières exploitations vinicoles d’Argentine, fondée en 1885 par des immigrés italiens. On nous explique comment pousse la vigne, à la verticale ou l’horizontale, les différents systèmes d’irrigation, le vieillissement en fût. A savoir qu’il existe des fûts français et des fûts américains : le français a un bois plus poreux et produit un vin plus « puissant », l’américain, moins poreux, produit un vin plus « élégant ». La visite est suivie d’une dégustation. Autour de nous, d’immenses fûts de 20000 litres ! Ils sont venus d’Europe si j’ai bien compris.

Un peu plus loin sur la route des vins, nous reposons les vélos à terre pour une dégustation d’huiles, de confitures, de chocolat. C’est quoi le rapport avec les vignes me direz vous : eh bien je ne sais pas trop. Nous terminons par le test de deux liqueurs dont de l’absinthe. Les 75 degrés d’alcool chauffent l’œsophage. Une fleur poussant en France est à base de cette liqueur… mais on vient tester en Argentine !
 
Nous repartons pour quelques kilomètres et nous arrêtons à l’hacienda Familia Di Tomaso pour manger… résultats, des sandwichs peu goûtés mais très chers. Le sentiment de s’être fait pigeonner digéré, nous partons pour notre dernière étape : l’exploitation Carinae, propriété d’un couple de français. Ils ne sont pas là mais Nicolas, parisien d’origine, nous accueille. Nous commençons par la dégustation. Oui, c’est bien… c’est du vin quoi. Mes « connaissances gustatives » ne m’aident pas beaucoup pour commenter ce qui passe sous mon palais. Puis vient la visite, nous voyons notamment la cuve et la cave. Enfin, petit passage dans la vigne où, à la demande d’Aurélien, Nicolas montre comment bien tailler les pieds de vigne.

Nous sommes à 12 kilomètres de Monsieur Hugo. Une fois parcourus en sens inverse, nous lui rendons ses vélos qu’il nous échange contre plusieurs itérations de sa phrase fétiche : tinto o branco ?

Tinto por favor !!

Jour 43 – Mendoza

Au petit matin, le jour se lève sur l’Argentine, illuminant les montagnes à l’Ouest paraissant comme des nuages lointains, colorés de rose.


Nous voilà ensuite à Mendoza. Une fois les affaires posées dans une auberge, nous découvrons l’immense plaza principale, nous baladons dans le grand parc de la ville dessiné par un français, escaladons le cerro de la gloria (= le mont de la gloire), où est érigé une statue. D’en haut, nous avons une vue panoramique sur la ville.

Après les emplettes nécessaires, le soir à l’auberge, nous mangeons des crêpes ! Nos compagnons d’un soir hument avec envie nos préparations…

Jour 42 – « Dure » journée


Je ne me réveille pas trop en forme. Serait-ce dû aux lasagnes bizarres de la veille ou de nos kilomètres parcourus les pieds trempés dans mes tennis trouées ? Je n’en sais rien mais tente tout de même d’avaler quelques céréales au petit déjeuner… que je redéposerai cinq minutes plus tard dans les toilettes de l’auberge. Je remets cela une fois revenu dans la chambre.

La possibilité de skier étant encore moins forte au vu de la météo et de mon état, nous décidons de partir pour Mendoza dans la journée. Quitte à passer une journée à ne rien faire, autant la passer dans le bus. Aurélien et Florian s’occupent d’aller acheter les billets à la gare routière pendant que je tente de reprendre des forces, en vain, dans mon lit. Puis en fin de matinée, c’est sans aucune énergie que je les suis pour la gare routière où je refais un passage forcé aux toilettes.

Les heures suivantes sont un calvaire. Assis dans le bus, j’attends que le temps passe. Mes cinq courses précipitées vers les toilettes m’apportent des réconforts très éphémères. Je peux encore m’estimer heureux que le bus soit équipé de sanitaires ! J’apprécie tout de même le paysage à travers les fenêtres, Aurélien et Florian encore plus : les montagnes et lacs des Andes s’offrent à nos yeux.


Une pause vers le milieu de nos 18h de bus me permet de tester mon estomac. Quelques gorgées d'eau et un petit paquet de biscuits peuvent enfin alimenter mon corps qui n'a rien reçu depuis près de 24 heures.

Jour 41 – Ski or not to ski?


“Oh, on ne skiera pas” se disait-on. Finalement, les sommets enneigés des Andes Argentines se rapprochant, l’appel de la poudreuse commence à se faire sentir, et je me dis que skier au mois d’août, se ne serait tout de même pas banal. Reste encore à convaincre Aurélien et Florian.

En plus, nous arrivons à Esquel, où les prix sont réputés inférieurs à la plus célèbre Barriloche, sorte de cousine des Alpes suisses, terre promise des brésiliens découvrant la neige. Oui mais voilà, nuage de cendre volcanique oblige, l’ouverture des pistes n’est pas promise, elle.

A Esquel, il pleut, et pas qu’un peu. S’il pleut, cela compromet encore plus le ski. Nous sommes en transition dans la gare routière… décision est prise de prolonger directement pour Barriloche. Encore quelques heures de trajet supplémentaires, et nous y voilà. Il pleut toujours. Des cendres sur les toitures et les trottoirs illustrent les récents évènements naturels.

Gaston nous avait donné une adresse, sauf que son plan ne correspond à rien. Du coup, on échoue dans la première auberge venue… pour se rendre compte que l’on se trouve à encore près de 3 kilomètres du centre-ville. Kilomètres que nous parcourons à pied en début d’après-midi pour visiter cette station de ski, sans croiser un seul skieur faute de pistes ouvertes mais une ribambelle de touristes abrités sous leurs parkas, sous leurs parapluies ou dans les bars. La ville donne sur un immense lac, réputé joli, sauf que vu la météo et la brume omniprésente, nous ne nous rendons pas vraiment compte de sa beauté.

Jour 40 – Sauver Willy


Pas de folie aujourd’hui. Une grasse matinée, une partie de l’après-midi est encore consacrée à l’achat de souvenirs. Ce n’est pas évident comme activité !

Gaston nous raconte que la période touristique n’est pas bonne. Le problème vient principalement du volcan chilien entré en éruption le 2 juin dernier : le nuage de cendre empêche les avions d’atterrir à Puerto Madryn, et une mince partie des touristes sont prêts à se taper la vingtaine d’heures de bus depuis Buenos Aires. Déjà plus d’un mois de faible fréquentation au lieu de la foule de haute-saison ! Il y a tellement d’annulations, que 10 auberges sont près du dépôt de bilan, sur 18 dans la ville.

Selon Gaston, il y aurait des solutions simples, notamment dérouter les vols vers l’aéroport de Rio Galegos, toujours ouvert et situé à seulement quelques heures par la route. Alors que fait le gouvernement ? Rien ! En effet, le gouverneur de la région s’est présenté à la présidence contre Cristina Kirchner… pour se venger, elle punit la région. Belle mentalité.

Surtout que l’arrivée des pingouins fin août représente le pic de fréquentation dans l’année. Si rien n’est fait d’ici là, la situation sera vraiment catastrophique… Gaston nous donne un petit paquet de carte de visite : on les déposera dans nos prochaines auberges pour faire de la pub pour Puerto Madryn !

Le soir, Cécile prend un bus retour pour Buenos Aires, son avion décolle pour Paris deux jours plus tard. Elle aura le temps de voir un spectacle de tango chez les porteños avant de retourner en hexagone, pleins de souvenirs dans la tête.
 
Avec Florian et Aurélien, nous traversons le pays d’Est en Ouest en direction des Andes.

PS : quelques jours plus tard, les vols ont pu reprendre en direction de Puerto Madryn !

Jour 39 – Where is Bryan ?


Il est dans le kayak, avec Cécile, moi, Florian et notre guide Juan venu nous chercher à l’auberge. Aurélien, pas très fan des milieux aquatiques trop profonds, reste en faction à l’auberge. Une fois nos embarcations à l’eau, nous longeons la côte et ses falaises. A notre droite, des phoques grimpent sur les rochers. A gauche, une baleine patauge paisiblement. Au-dessus, des oiseaux au bec quasi orange fluo nous observent. Excellent.
   

Juan nous propose une petite pause sur un bout de plage entre les falaises. Il nous a amené des facturas (petites pâtisseries) et du maté, cela fait du bien ! Surtout qu’il fait assez froid. Surtout qu'on essaye de s'éclabousser un peu... On est contents de retrouver nos manteaux une fois revenu sur la terre ferme.


L’après-midi est dédié au shopping touristique dans les innombrables magasins de souvenirs de Puerto Madryn.