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Kilomètres... c'est-à-dire un semi-marathon, comme on dit dans le milieu.

C'est la dernière "bonne idée" que j'ai eu ces derniers temps. Je mets des guillemets parce que mon endurance actuelle est loin d'être tip top. Je n'ai fait que très peu de footing récemment. L'idée du semi a surgi il y a presque deux semaines maintenant et je dois avouer que j'ai du mal à placer plus d'un entraînement par semaine, entre les cours, le stage et les ampoules aux pieds. Le site des inscriptions donne quelques conseils: garder au moins un jour de repos par semaine. Pour l'instant, je respecte largement cette règle.

Et courir sur les trottoirs défoncés, rasé par les voitures, les bus et camions dans les rues paulistas, cela n'est pas très motivant. Heureusement, je peux aller dans l'université. Tous les coureurs et cyclistes qui s'entraînent là l'ont compris. Il y a un grand rond-point où des dizaines d'entre eux font des tours, et des tours... et les bus avec eux. Ils sont quand même bien motivés.

M'enfin, je n'ai plus le choix, je me suis inscrit cette semaine pour R$70 et le semi a lieu le 10 avril!

Weekend pauliste

Chose promise, chose due, je suis donc parti à la plage ce weekend, à Guarujá. A cinq (six avec Stanley), nous avons décidé de louer une voiture plutôt que de prendre un bus. La voiture a son avantage: la liberté! On va où on veut, sans contrainte.

Mais la voiture a quelques inconvénients également. Déjà, il faut la louer... donc samedi matin nous sommes partis à l'assaut des agences de location dans le centre. Au bout d'une demi-douzaine d'entre elles, nous trouvons un prix raisonnable, banco pour R$80 par jour pour le modèle de base, le kilométrage illimité et l'assurance incluse. Enfin une sorte d'assurance, il y a toujours une franchise de R$2500 en cas de dégradation... espérons qu'il n'y en aura pas!

Une bonne demi-heure plus tard, le temps de régler la paperasse, un peu plus compliquée pour des étrangers, nous prenons possession du véhicule. C'est Adrien qui conduit, mais pas en tongs stp. Ah la jeunesse!

Conduire à São Paulo, c'est un sport. Il ne faut pas changer de file n'importe comment pour ne pas renverser les motards qui se faufilent entre les voitures, s'imposer face aux autres chauffeurs et trouver sa route dans cette jungle routière. Mais à la mi-journée, nous sommes à Guarujá sans pépin. Quelques courses et nous pouvons aller manger nos sandwichs au bord de la plage. Pour se stationner, un type nous demande R$5. Payer un gars qui ne sert à rien pour regarder le parking toute la journée est une pratique courante au Brésil.

Cloclo avait raison, c'est quand on est derrière les carreaux qu'il fait beau. Après un Carnaval pluvieux et du soleil à SP lorsque que je suis allé au stage, ce samedi, les nuages se sont installés sur le littoral. Heureusement, la température est assez élevée pour profiter de l'océan. Puis en soirée, nous nous rendons en ville afin de trouver une pousada pour la nuit. De nouveau, un gars nous demande des sous pour le stationnement, en menaçant: "la voiture va partir dans la nuit". Cette fois-ci, on refuse, faut pas pousser.

Le lendemain, nous retournons à la voiture, et remarquons une rayure sur la porte avant droite. Aïe! L'imagination commence à vagabonder: cela doit être le type de hier soir qui s'est vengé puisque l'on ne l'a pas payé! On se fait des films jusqu'au soir, lorsque que nous réfléchissons et regardons le papier de l'état des lieux de la voiture: la rayure est déjà signalée...

Puis nous nous rendons à Prainha Branca, la plage la plus au Nord de Guarujá. Là, nous avons plus de chance, le soleil fait son apparition. Une tortue plus vraie que nature aussi. R$1500 la bestiole... elle restera sur la plage. Nous profitons du soleil et des vagues un peu bizarres. En effet, certaines vagues formaient des sortes de mur d'eau lorsqu'elles rencontraient d'autres vagues réfléchies par le rivage. Pas facile à expliquer comme cela, mais je n'avais jamais vu ce phénomène amusant.

Et puis est venue l'heure de rentrer sur SP, et en bons paulistas, de tomber dans les bouchons du dimanche soir.

Água

Voilà, le Carnaval est fini. Je suis retourné le passer à Ouro Preto, dans l'intérieur de l'état du Minas Gerais. Des concerts, des défilés, des fanfares... et contrairement à l'an passé: de la pluie et de la boue! De la pluie tous les jours, et quasiment en permanence. Pour les défilés en ville dans les rues pavées, pas de boue, mais devant les scènes où ont lieu les concerts, c'est une autre histoire. Il fallait alors prendre la dure décision de partir en tongs au risque d'avoir froid, ou bien en chaussures au risque de les voir virer au maron... j'ai testé les deux. Mes pieds et mes tennis s'en souviennent encore! Plus d'infos sur Ouro Preto ou le Carnaval dans les messages postés en février de l'année dernière.

Mais les aléas climatiques n'ont pas empêché Stanley de sortir pour profiter du Carnaval, heureusement qu'il est bien étanche!

La pluie, cela ne me manquait vraiment pas, puisqu'il n'en a pas manqué à São Paulo ces derniers mois. Il y a eu quasiment un orage par jour en janvier et février.

Certaines fois, c'était même impressionnant. Un jour, je reviens de la pause déjeuner avec les collègues au stage, et nous rentrons pile poil avant que la pluie n'arrive, alors qu'il faisait un soleil de plomb une heure avant. Il pluviote un moment, puis arrive le déluge. Une forte pluie, des rafales de vents, et l'immeuble d'en face disparaît derrière un épais brouillard. En 10 minutes, la rue est inondée et le courant coupé, un motard glisse, des bouchons se forment. Cela est fréquent à SP, mais le problème, c'est que sans courant, tu ne peux plus travailler. Je suis donc rentrer chez moi plus tôt que prévu, ce qui n'est finalement pas désagréable. Et il n'y avait pas de courant chez moi non plus jusqu'à 19h. Il n'y en avait plus non plus dans les rues, même les feux de circulation étaient éteints!

Au moins, maintenant, la météo a l'air de s'améliorer. Je n'ai pas encore eu de pluie depuis mon retour de Ouro Preto. Pourvu que cela dure. Malheureusment, les températures vont commencer à baisser... on va vers l'hiver ici. Alors faut en profiter maintenant: demain, direction plage!

MAM

Lundi dernier, j'ai eu l'occasion de voir Michèle Alliot-Marie, ministre des Relations Extérieures! Elle était en visite à São Paulo et est venue rencontrer les chercheurs de l'université, travaillant en lien avec des laboratoires ou universités françaises. Tous les élèves français étaient donc invités.

Quelques chercheurs ont exposé brièvement leurs travaux, puis MAM a fait un petit discours assez bateau. Ensuite, ceux qui le souhaitaient pouvaient lui poser des questions... mais pas le droit de lui demander si ses vacances tunisiennes s'étaient bien passé...

D'ailleurs, elle n'est plus en poste une semaine plus tard. C'est maintenant Juppé qui prend les rênes du Quai d'Orsay. Elle aura tout de même bien profiter de sa dernière semaine au gouvernement: São Paulo le lundi, Brasilia le mardi, et le samedi au Koweit.

Flat Stanley

Je vous présente mon nouvel ami: voici Stanley


Il est venu frapper à ma porte vendredi matin, il veut voyager avec moi et découvrir le Brésil. Pas de problème lui ai-je répondu. Peut-être qu'il aura un peu trop chaud en pantalon, mais au moins il est bien étanche, c'est important.

En fait, c'est Emma (ma petite cousine pour les éventuels lecteurs qui ne sont pas de la famille!) qui participe, avec sa classe de CE2, à un programme international intitulé Flat Stanley. A l'origine, Flat Stanley est un livre racontant l'histoire de Stanley, qui s'aplatit afin de voyager plus facilement. Un jour, un enseignant d'une école primaire canadienne lit le livre et trouve l'idée intéressante. Il lance donc un mouvement suivit par de nombreuses écoles à travers le monde.

Les élèves de ces écoles réalisent des Stanleys, qu'ils envoient ensuite à d'autres écoles ou des connaissances dans d'autres coins du globe. La classe d'Emma a déjà envoyé des Stanleys dans une école de New York, une de Toronto et une à Auckland. Outre les Etats-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande, des Stanleys de l'école Le Loch, à Auray, sont déjà partis découvrir l'Allemagne et... le Brésil!

Au boulot

Déjà un mois que les vacances sont finies. Et comme je n'avais pas encore repris les cours, j'ai pu aller travailler plein de temps au stage... yeeeeah. J'ai même passé un samedi entier à cartographier des lignes de bus de Brasilia sur informatique pour un projet à la bourre... re-yeeeeah.

Changement d'année, changement de projet. L'étude de trafic d'une autoroute de la région étant terminé, je suis donc passé à la licitation des lignes de bus inter-état de tous le Brésil, un gros projet réparti entre les lignes longues distances, courtes distances et les lignes entre l'état de Goias et Brasilia. Brasilia étant un cas spécial, puisque, à la manière de Washington DC, à la création de la ville, un district fédéral de plus de 5000 km² a été délimité à l'intérieur de l'état du Goias. Et comme l'aménagement urbain de Brasilia a été pensé de manière un peu utopiste, les logements à un endroit, les emplois à un autre, une foultitude de bus est nécessaire pour transporter tout le monde à l'heure de pointe. Mais comme la ville a grossi, de nombreuses villes satellites se sont développées pour loger tout le monde, dans l'état du Goias. Et là encore, il faut toute une armée de bus pour que chacun puisse parcourir les dizaines de kilomètres séparant emploi et logement.

Ce projet, commencé il y a maintenant plus d'un an (ce qui est assez long comparé aux projets réalisés dans l'entreprise en général), devraient bientôt prendre fin. Ensuite, c'est encore le mystère, peut-être je serais sur l'implantation d'un BRT à Manaus, ou une étude de transport à Buenos Aires... suspense. Avec un peu de chance, je pourrai peut-être voyager!

C'est la reprise

Sandra fait du zèle en restant une semaine de plus au Brésil. Alors il faut en profiter. A peine arrivés, les sacs encore sur le dos, nous passons par la Tour Banespa dans le centre de SP pour dominer la ville. J'avais averti de mon absence au travail pour le lundi, alors nous avons ensuite le temps d'aller tranquillement chez moi et de nous reposer.



Les deux jours suivant, je dois aller travailler. Sandra peut en profiter pour s'aventurer seule dans la jungle urbaine, un téléphone portable dans la poche en cas de soucis, mais il n'y en a pas eu. Elle a trouvé le magasin de tongs (en même temps, il y en a un peu partout) et a pu compléter sa liste de cadeaux.

Il ne faut pas oublier la piscine non plus, très importante, surtout au Brésil, surtout en été. Romain, un autre français en double diplôme et qui occupe l'autre chambre de la maison, en profite aussi. Cela lui permet de bronzer un peu, après être revenu tout blanc de ses vacances d'été passées en France.


Le mardi au stage, j'ai eu la bonne surprise d'apprendre que les séances de formation du jeudi et vendredi auxquelles je devais participer auront lieu la semaine suivante. Je peux donc finalement prendre congé et nous pouvons aller à la plage: direction Guarujá le jeudi. Nous nous baignons même si le ciel reste bien gris et que j'ai oublié mon maillot de bain... mais en fin d'après-midi, il commence à pleuvoir. Nous reprenons finalement le bus une heure plus tôt que prévu en début de soirée. La pluie: un acteur incontournable de l'été paulista.


Nous pataugeons de nouveau dans la piscine les jours suivants, quelques sorties et puis vient le dimanche. Sandra refait une nouvelle dernière fois son sac et je l'accompagne à l'aéroport. Presque 4h de transport en commun plus tard, je reviens chez moi sans ma petite sœur. Mon dernier semestre brésilien peut commencer.