Turquie - Voie lycienne d'Olympos à Tekirova

Aujourd'hui, je pars plus tôt : 9h45 on the road again.

Je longe d'abord la plage jusqu'à Çirali. 3 km par le sable et l'asphalte, mais enfin le sentier s'offre à moi. La plage reste en bas. Je retrouve la côte par les falaises, je slalome entre la roche, je profite des rares mètres à l'ombre sous les pins.

Je retrouve une autre plage au sable noir. Pas le temps de me baigner, l'étape du jour fait 23 km. Par contre, je trouve le temps de m'égarer dans la vallée rocailleuse qui suit. Au bout de 200m, je fais demi-tour, me rappelant de la leçon de la veille. Ah voilà, la marque tant recherchée. La marche continue.

Je ne croise que peu de monde. Peut-être parce que la météo ne s'annonce pas fameuse. Autant il y avait du soleil au départ, autant l'horizon commence à se griser. Lorsque je regarde les sommets, c'est même du noir que je commence à voir. Ce qui m'embête, c'est que je me dirige droit (avec pas mal de zigzags tout de même) vers ces arrosoirs géants.

Après avoir passé la longue plage de Maden, lieu d'une ancienne mine de chrome, je remonte une rivière asséchée. Un backpacker, chapeau sur la tête, vient à ma rencontre. Il semble à moitié perdu. Puis je vois ses amis, affalés par terre, harassés par le soleil. Ils sont ukrainiens. Voir des ukrainiens en voyage, c'est rare, mais à leur tête, ils n'ont pas l'air de vouloir recommencer de si tôt. Je ne comprends pas trop si le gars au chapeau, les autres étant hors course, ne trouve pas la suite du trek ou s'il cherche une route plus facile pour améliorer le sort de ses amis.

Je les laisse affalés contre leurs sacs et trace la route. La plage, la vallée... il faut bien monter à un moment ou un autre. 500m de dénivelé m'attendent. Je m'impose d'être là-haut avant de faire ma pause pique-nique. Le tonnerre se met à gronder avant que je ne m'arrête, mais la pluie m'est épargnée. J'ai un petit coup de mou, conséquence de l'enchaînement de peu de sommeil et beaucoup de marche. Je trouve enfin un rocher à une altitude suffisante. La vallée que je viens de remonter d'étale devant moi. J'avale le pain que j'ai chiper au petit déjeuner de l'auberge le matin même. J'avale également une gorgée de la canette énergisant que Ercan m'a offert la veille. Une gorgée seulement, parce que c'est dégoûtant.

Je repars, le tonnerre se fait maintenant entendre... au-dessus de moi. Curiosité météorologique, il ne pleut toujours pas. J'ai enfin passer le sommet du jour. Dorénavant, le parcours devrait globalement redescendre. Je passe alternativement à travers de forêts ou des zones de caillasse. Celles-ci sont particulièrement éprouvantes : à chaque marque, je dois chercher la suivante des yeux pendant quelques secondes. Cela n'a l'air de rien comme ça, mais répéter des dizaines de fois, c'est usant. Surtout que le sol n'est pas vraiment praticable. Et le doute plane : suis-je réellement sur le bon chemin ?

J'avance doucement sur ce terrain difficile. Je perds du temps. Mes mollets me parlent : "cela fait beaucoup de cailloux et pas beaucoup de plage", "c'est pas des vacances". Je vois Tekirova au loin, mon objectif. Je ne sais pas combien de kilomètres il me reste. L'après-midi est déjà bien entamé.

Je retombe sur des panneaux m'assurant que je suis au bon endroit. Encore 5,5 km jusqu'à Tekirova ! Ah quand même ! J'espérais être un peu plus près. Mais les marques suivantes ne sont pas très bavardes et plus ou moins effacées, seuls de petits traits rouge subsistent. Plus je les suis et je doute que le chemin soit le bon. Peut-être est-ce un autre sentier que la voie lycienne ? L'océan réapparaît derrière une crête, encore loin, mais je le vois...

Cela ne coïncide pas avec ce que j'avais en tête. Je ressors la carte de mon guide, ma boussole, allume mon téléphone pour le GPS. Tout cela me laisse penser que je ne devrais pas marcher vers la côte, le chemin étant plus ou moins parralèle à elle d'après la carte. Je m'aperçois aussi que le Nord n'est pas bien placer sur ma carte, cela n'aide pas. Mon GPS m'indique que je suis... dans la nature.

C'est à ce moment que la pluie commence à tomber. Timidement, heureusement. Je ne sais pas si je dois rebrousser chemin ou continuer l'aventure vers la côte, et espérer trouver un autre chemin ou, peu probable, une route. Je reviens sur mes pas... mais ne retrouve pas vraiment le chemin. Je suis à moitié perdu. Je coupe à travers la pente pour arriver en haut d'une crête pour y voir plus clair et m'aider de la topographie indiquée sur ma carte. Je vois toujours Tekirova... toujours aussi loin. Il est déjà 17h. Au pire, je marche tout droit à travers la broussaille, j'arriverais bien quelque part. Céder à la panique ne servirait à rien !

Je retombe enfin sur un panneau jaune : soulagement, mais encore 5 km ! Là, les marques sont bien nettes. Je ne les lâche plus d'une semelle. J'avale les kilomètres. Sur ma route, des chèvres, Tiens, je ferais bien une photo. La main plongée dans le sac pour attraper mon appareil, le gardien des chèvres court vers moi en gueulant, je ne sais pas si c'est du turc...

J'aurais dû dire "en aboyant". Le molosse à quelques mètres, je lance un "oooooh" désespéré. Il s'arrête et me regarde. Je retire ma main doucement. Il me contourne et se place un peu plus haut dans la pente. Il est malin le bougre, il veut me sauter dessus ou quoi ?! Baston de regard. Je pense à mon couteau dans le sac... s'il saute, je n'aurais pas le temps de le sortir. Je m'éloigne doucement sous la surveillance du canidé qui part ensuite récupérer les 2 ou 3 chèvres qui en ont profité pour s'éloigner du troupeau.

Le reste de la descente se passe bien. Il ne pleut même pas. A Tekirova, le stop ne marche pas si bien que la veille et je rentre en dolmus. Quand celui-ci veut bien s'arrêter. Un peu capricieux ces bêtes là.

Le soir, je cède à l'appel des chimères. Dans la mythologie grecque, la chimère est un monstre qui ravageait la région de Lycie : tête de lion, corps et tête de chèvre, queue de serpent. La bête fût vaincue par Bellérophon, fils de Poséidon, chevauchant Pégase. Dans la réalité, du méthane s'échappe de la terre volcanique et s'enflamme au contact de l'air. Un spectacle un peu étrange. Petit bonus, les éclairs illuminent le ciel au loin.

Turquie - Voie lycienne d'Olympos à Adrasan

10h du matin, j'arrive à Olympos. Je suis parti de Paris 40h plus tôt, après une nuit à l'aéroport de Thessalonique et une nuit de bus depuis Istanbul. Le temps de poser mon sac, de prendre une douche fraîche, d'acheter des biscuits et 3L d'eau : je pars sur les traces de la Voie Lycienne. 11h.

La voie lycienne, c'est une des treks classé dans le top 10 au monde par le Sunday Times ou le site du Routard. 510 km de sentier longeant une côte affûtée par les vagues méditerranéennes, se faufilant entre le sable noir de ses plages et la roche de ses sommets enneigés. Quelques vestiges de villes de la Ligue Lycienne jalonnent encore le parcours. L'Empire romain, Hadrien, l'Empire byzantin, l'Empire ottoman... ces pierres ont vu défiler l'Histoire.

Je cherche le début de la rando. Il faut traverser la rivière. Je tombe sur une famille d'hollandais. Le père me montre une trace rouge, ce sont les marques à suivre. Ok, peut-être à plus tard ! Je pars devant.

Au bout de 5 minutes, je ne trouve plus de marques. Le sentier semble continuer sur ma droite, je m'y engage. Je trouve que le chemin n'est pas très praticable... j'hésite à faire demi-tour mais trouve finalement une paire de lunettes de soleil. Cela doit être le bon chemin. Je continue mais m'enfonce dans la pinède. Je me rends à l'évidence, il n'y a pas de sentier... je coupe à travers la montagne, glisse sur des pierres, dégringole des amas de branchages.

Une fois en bas, je retombe sur un chemin, je le suis jusqu'à une faille entre deux parois rocheuses. Je me retrouve au milieu de grimpeurs venus tutoyer les falaises. Ils ne savent pas si la Voie Lycienne passe par là. J'explore les lieux. Cul-de-sac... voilà un couple franco-allemand, Clara et Jens, ils cherchent la même chose que moi. Clara pense qu'il faut escalader les roches. Je m'échine à lui faire remarquer que je n'imagine pas les 2 petits hollandais d'une dizaine d'années escalader une telle montagne à mains nues. Trois éboulements de cailloux plus tard, Clara jette l'éponge. Il est temps, surtout qu'elle est enceinte de 3 mois !

Avec mes deux acolytes, nous revenons au village. Retour à la case départ. Il est 14h quand je repars à l'aventure, un peu découragé, mais il faut au moins que je repère le terrain pour le lendemain...

Mais je me rends compte que le sentier est en fait bien balisé ! J'ai juste omis de regarder à gauche pour attraper le chemin qui s'envole vers le sommet de la montagne. Cette étape jusqu'à la ville d'Adrasan est annoncé en 6h de marche d'après mon guide. 14+6=20. Il fait nuit à 20h. Ça passe. Je me sens pousser des ailes et je pars en courant affronter les 750m de dénivelé.

Grosse suée. Je ralentis un peu. Heureusement que la pinède me protège du soleil. Chaque gorgée d'eau me réhydrate tout en allégeant mon sac. 1h30 de marche et voilà déjà la passe : vue sur les sommets au loin. J'attaque la redescente.

Je rattrape les hollandais. Je leur raconte mes errements du départ. Je les double encore, en espérant qu'il ne me dépasse plus, puis double une tortue se baladant tranquillement.

La descente est longue, mais belle. Je me retrouve enfin dans la plaine entre les serres de tomates et de concombres. Direction la plage d'Adrasan. Je pensais avoir gagner le droit à la baignade mais elle s'arrêtera aux genoux, l'eau est trop fraîche et le ciel devient plus menaçant. Il est 18h. J'ai deux heures d'avance sur la nuit, mais encore faut-il rentrer à Olympos. Il n'y a pas de dolmus (bus), seulement le taxi auquel je n'ose pas demander le prix. Au pire je rentre à pied par la route...

Je laisse passer quelques voitures, et me décide à tenter le stop. Je lève le pouce pendant une demi seconde et voilà qu'un utilitaire s'arrête. Il balance toutes les affaires qu'il avait sur le siège passager et je monte. Olympos ? Il y va !

Mon bienfaiteur s'appelle Ercan. Il me laisse même sa carte, m'offre des biscuits et une canette du redbull local. Il est dans le commerce. Il approvisionne en papier toilette (entre autres) les auberges de la région

Le soir, je me balade dans les ruines d'Olympos en revenant de la plage. J'ai bien mérité
ma nuit de sommeil... dans un lit, pour changer !


Myanmar - Thanlyin et Kyauktan

Au petit matin, revoilà la gare routière Aung Mingalar. Comme la capitale économique n'a déjà plus de secret pour nous (façon de parler bien sûr), un taxi nous emmène à Thanlyin, un poil plus au sud.

Avant de grimper les escaliers de la paya Kyaik Khauk, il faut nous sustenter, nos estomacs crient famine. Une petite dame et son boui-boui nous sauve. Après un petit déjeuner fait de café et de riz, je demande combien cela coûte. Le dialogue est difficile, notre sauveuse ne parle pas un mot d'anglais. Elle montre finalement des billets. 1600 pour un café et un peu de riz ! C'est un peu cher. Ah non, c'est pour nous 4. Ouh là, en fait c'est vraiment donné !

Au pied des escaliers, un homme nous indique gentiment des étagères pour ranger nos chaussures. Notre tour effectué, au moment de les récupérer, il nous réclame 1000 kyats chacun ! Une femme à côté reprend ses chaussures contre 100 kyats. Bonjour l'arnaque, non merci.

Nous cherchons un petit peu de rivière pour passer l'après-midi. Elle n'est pas loin, alors je suis partant pour poursuivre à pied avant de revenir à 17h récupérer notre chauffeur de taxi qui reviendra nous chercher à la paya

C'est donc à pied que nous poursuivons le long de la route, cap au sud toujours. Après plusieurs kilomètres, les troupes en ont ras le bol. Cette rivière n'arrive jamais. Nous finissons par trouver des gars prêts à nous emmener en scooter pour 1 dollar chacun. Ok, mais nous lui précisons bien que nous voulons cherchons "a nice place" (un endroit sympa) avec, par exemple, un restaurant ou un endroit pour se poser tranquille. Pas de problème selon eux.

Finalement, on fait 3 kilomètres pour finir au bord du port pétrolier ! Quiproquo. Alors oui, on peut acheter une banane à la gargote du coin mais ce n'est pas vraiment l'endroit désiré pour un dernier jour de vacances. Un taxi traîne à quelques mètres. On remercie nos scooters à défaut de les maudire. Un seul taxi dans les parages. Il veut bien nous emmener à Kyauktan contre 15 000 kyats. Un prix trois fois trop élevé. La négociation démarre.

"How much you pay ?", je réponds 5. Il veut 10. Une demi-douzaine de mecs s'amasse autour de nous pour participer au débat. 5. 10. 8 alors. Non, 10. On lâche 8, "2+2+2+2". Il veut toujours 10, appuyé par ses copains.

Un des gars nous aborde : "8 you go ?", "yes". Pendant ce temps, un autre taxi est arrivé. 8, c'est bon pour lui, on est parti, nos sacs finissent dans son coffre. L'autre taxi nous court après, "8 ok". Ah non mon gars, cela ne se passe pas comme ça ! On reste avec l'autre. Quelques noms d'oiseaux d'Asie fusent entre les chauffeurs. Affaire réglée.

Enfin, un petit coin sympa. Kyauktan, au bord de la rivière Bago avec la paya Yélé trônant sur son île au milieu. Les fidèles traversent en bateau pour aller nourrir les poissons-chats entre deux prières. Nous restons quant à nous sur la berge.

L'après-midi passe gentiment entre un repas, une petite balade et un peu de lecture. Moins galère que le matin, c'est en bus que nous rejoignons notre point de rendez-vous à la paya. Une dernière glace et voici l'aéroport. La carlingue nous emporte un peu fatigués, mais ravis de notre périple. Dada Myanmar !

Myanmar - Le lac Inle

En bateau Simone !

Pour le lac aussi, il y a un droit d'entrée. 10 dollars. Nos guides nous abandonnent et notre pirogue nous attend. Elle nous emmène jusqu'à Nyaung Shwe. Nous remontons vers le nord la trentaine de kilomètres du lac.

C'est l'occasion de voir les fameux pêcheurs qui participent à la renommée du lac. Pour pêcher, ils placent un filet et encerclent une zone poissonneuse. Ils ratissent ensuite cette zone avec leur nasse et la parcourent avec une lance. Pour ce faire, il faut trois mains : une pour tenir la nasse, une pour tenir le bâton et pour la rame. Les pêcheurs étant normalement constitués, ils ont développer leur technique : ils rament avec leur jambe. La rame est coincée par l'intérieur du mollet et l'arrière de la cuisse.

Nous n'avons vu aucun poisson être capturé pendant que nous les observions. Je ne peux pas juger de l'efficacité de la technique mais au moins, cela ferre les touristes.

Nous ne logeons pas dans l'un des luxueux hôtels sur pilotis. Nous trouvons le notre dans le centre-ville de Nyaung Shwe. Nos chambres sont équipées de télé, première fois depuis Séoul. Cela nous permet de suivre à distance les tragiques évènements qui agitent le monde. Et là, la réplique pour rassurer maman avant de partir prend une résonance particulière : "ne t'inquiète pas, je serai plus en sécurité au Myanmar qu'à Paris !".

Le lendemain, nous trouvons (ou il nous trouve selon le point de vue) un gars pour nous promener en bateau sur le lac. Nous lui précisons les endroits que nous voulons voir, pas de soucis, il sait où mener sa barque. Nous faisons donc le tour des artisans du lac : bijoux en argent (attention les filles), ombrelles, papier, couteaux, cigares, objets en laque... le choix est large.

Nous côtoyons également les jardins flottants alimentant, entre autres, le pays entier en tomates. Deux jeunes filles en profitent pour essayer de nous vendre quelques fleurs. Elles partent à l'abordage de notre pirogue mais Benoit ne se laisse pas prendre et renvoie la fleur à son envoyeur !

Avant de quitter le région du lac Inle, nous louons des vélos. Objectif, apprécier le plan d'eau d'un nouveau point de vue. Nos bécanes nous emmènent jusqu'à un monastère. Des birmans bitument l'accès. Plus facile pour grimper. Autour du monastère, nous trouvons notre spot. Il nous a un peu fallu déblayer le terrain pour écarter les arbres du champ de vision, mais on a eu notre photo !

Sur la route du retour, nous nous arrêtons au vignoble Red Mountain. Sauvignon blanc ou pinot noir poussent sur les coteaux. Parait que la météo n'est pas optimale et que l'eau doit être amenée par un pipeline, pas bon pour les finances. Il en résulte des bouteilles chères pour un vin... qui permet de satisfaire la carte des restaurants touristiques du pays. La carte propose une dégustation de 4 d'entre eux. Il faudra retenir que le Inley Valley Rosé est correct. Mais tout ça ne restera pas dans nos mémoires. Il en faudrait plus pour nous bercer pendant le trajet de nuit en bus... retour à la case départ : Yangon.

Myanmar - De Kalaw à Inle

Nous retrouvons Kaitu, notre guide, ainsi que Win Ou, notre cuisinier. On est un peu surpris d'avoir un cuisinier inclus dans la prestation. Mais on ne va pas se plaindre.

Kaitu m'explique qu'il est d'origine népalaise, comme beaucoup de gens de la région. Il n'a jamais été au Népal mais ses parents y sont nés. Les britanniques ont amené des népalais en Birmanie pour en faire des soldats, solides et robustes pour tenir dans les montagnes. Pendant la haute saison, les treks c'est tous les jours pour lui. Il n'y a que trois mois de pause par an pour les 200 guides de Kalaw.

Des forêts de pins, des petites vallées, des jardins où poussent fraise ou ananas pour être vendus aux marchés des environs. Nous arrivons à la paillote de la veille à l'heure du déjeuner. C'est une famille d'origine indienne. Chapati et salade d'avocat, un régal !

A nos pieds, une poule est suivie par ses poussins, eux-mêmes suivis... par les chiots qui rôdent. La propriétaire rouspètent après eux mais ils persistent. Un des poussins se perd. Un des chiots en profite pour se jeter sur lui. La petite boule jaune disparait en 3 coups de dents !

La marche continue. Les vallées s'enchaînent et nous arrivons dans notre village étape avant la tombée de la nuit. Les enfants rentrent de la classe. Certains parcourent plusieurs kilomètres à pied sur les pistes pour rentrer chez eux.

Avec Benoit, on se refait un petit tour. On escalade la colline qui surplombe le village. Au passage, on surprend quelques femmes en train de faire leur toilette à flanc de montagne ! De là-haut, on voit toute la vallée. Cela n'empêche pas le soleil de se cacher derrière le relief. La redescente se fait au pas de course avant le noir de la nuit.

Le temps de se passer un coup de seau sur la tête (pas de salle de bains évidemment) et Win Ou termine de préparer notre festin : frites, poisson mariné et frit, du tofu, des haricots, un dessert sésame et caramel... Nos papilles jubilent. D'ailleurs, les deux jours suivants, Win Ou continue de nous épater. Que ce soit de viandes, de légumes, de fruits, de gâteaux, de soupes... et même de crêpes et de bananes flambées à l'alcool de riz !

Pendant ces deux jours et demi, c'est une soixantaine de kilomètres qui nous font passer par monts et par vaux, à travers champs de maïs, de blé, de piment ou de gingembre

Avec Benoit, nous aurons même le droit à un petit détour. Notre groupe s'est séparé quelques minutes plus tôt, Win Ou emmène les filles directement par la route, chemin plus rapide. Cela devrait soulager Sophie qui souffre depuis le début du trek. Ses chaussures ne font pas de lumière mais lui donnent pas mal d'ampoule. Aïe.

Du coup Kaitu nous fat passer à travers champs. Il cherche un peu sa route, tâtonne. Le chemin n'est plus là. Nous finissons au milieu d'une épaisse végétation. Il est même difficile de progresser. Je vous rassure, il n'y a qu'un centaine de mètres à passer, mais il ne faudrait pas tomber sur un serpent ! Nous débouchons enfin à l'air libre après une petite séquence Bear Grylls. Kaitu s'excuse, il ne pensait pas que la végétation avait repoussé aussi vite et il n'a pas reconnu le passage habituel. Pas de soucis, on s'est bien marré avec Benoit ! Et nous arrivons au village avant les filles, Win Ou, même sur la route, s'est aussi un peu égaré...


Au bout le lac Inle.

Myanmar - Kalaw

2h du matin et le bus nous balance au bord de la route au milieu de nulle part. Ah non, au milieu de Kalaw. Cette fois, pas de cavalcade nocturne. Nous trouvons une auberge à 20 mètres de là. La porte s'ouvre quand on toque et il y a de la place. Banco.

Après avoir terminé notre nuit dans de bons lits, nous nous baladons dans la ville. D'abord, réserver le trek pour le lendemain. Ensuite, profiter de la journée pour avoir un avant-goût des environs. Nous traversons le marché, sortons de la ville vers un temple qui abrite un "bamboo buddha". Rien d'exceptionnel, nous passons... et tombons sur une terrain de jeux.

Là, on dirait que toute la jeunesse du coin s'est donné rendez-vous. Un match de foot, un poteau d'escalade en bambou, des gens qui pique-niquent. De la bonne humeur en pagaille.

Nous continuons la balade à travers un champ, retrouvons une piste qui serpente dans les montagnes. Deux heures de marche sur le chemin poussiéreux et au bout, la récompense avec un superbe point de vue sur une vallée, bien installés sur les bancs d'une paillote bien tranquille. La femme qui tient la boutique est surprise de nous voir arriver à cette heure, "no guide" me demande-t-elle. C'est moi qui fait le guide !

La redescente est plus rapide. Il ne reste plus qu'à enlever un maximum de poussière des chaussures. Nous goûtons à la nourriture népalaise dans un restaurant de la ville malgré une coupure de courant, la cuisine continue !

Myanmar - Bagan

Aujourd'hui, c'est vélo. Un des points forts du séjour, un lieu qui a pesé dans mon choix du Myanmar : la plaine de Bagan. "L'un des plus beaux spectacle au monde" si l'on se fie aux récits de Marco Polo. Pendant 230 ans, les rois de Bagan ont fait construire plus de 4000 temples dans une frénésie religieuse sans commune mesure. En 1287, une invasion mongole met fin à cette folie créatrice.

Depuis, pillages, érosion et séismes n'ont pas arrangé les temples. Les restaurations n'ont pas toujours respecté leur architecture initiale non plus. Il n'en reste pas moins un des sites les plus incroyables que l'homme n'ai jamais créé.

Pour apprécier l'endroit, rien de mieux que flâner à pied ou à vélo entre ces vieilles pierres. Une nouvelle mode semble aussi se développer : la location de petits scooters électriques. A vélo, c'est tout de même mieux, même si c'est plus difficile sur les pistes ensablées ! Mais c'est encore plus difficile lorsque l'une des pédales se fait la malle comme cela arrive sur celui de Sophie ! Heureusement que l'on trouve des gars sympas qui veulent bien nous filer un boulon. Deux fois dans la journée.

Le site est vaste. Et pourtant, en haut des temples, je tombe dans la même journée en face de deux gars différents avec qui j'ai discuté un peu plus tôt dans mon voyage. Un belge croisé avant le trek à Hsipaw et un perpignanais tourdumondiste croisé en attendant mon bus pour repartir de Hsipaw. Le Myanmar est
petit. Par la taille, pas par l'esprit !

Bagan est aussi réputé pour ses levers/couchers de soleil du haut d'un temple. Le coucher du jour étant une nouvelle fois trop nuageux, nous nous levons tôt le second jour. Cela vaut le coup d'aller pédaler quelques kilomètres, de grimper les marches abruptes au petit jour et de supporter le boucan des touristes chinois pour voir les rayons du soleil raser les briques millénaires et suivre des yeux l'envol des montgolfières survolant la plaine.

Nous nous baladons de nouveau autour des temples. L'après-midi, nous passons dans un marché et c'est l'occasion de comprendre le mystère du thanaka : la crème est tirée de l'écorce d'un arbre, le thanaka, frottée contre une pierre avec un peu d'eau. Les femmes s'en badigeonnent les joues à la fois comme produit de beauté et maquillage. Pour le plus grand bonheur de ces demoiselles !