Myanmar - Thanlyin et Kyauktan

Au petit matin, revoilà la gare routière Aung Mingalar. Comme la capitale économique n'a déjà plus de secret pour nous (façon de parler bien sûr), un taxi nous emmène à Thanlyin, un poil plus au sud.

Avant de grimper les escaliers de la paya Kyaik Khauk, il faut nous sustenter, nos estomacs crient famine. Une petite dame et son boui-boui nous sauve. Après un petit déjeuner fait de café et de riz, je demande combien cela coûte. Le dialogue est difficile, notre sauveuse ne parle pas un mot d'anglais. Elle montre finalement des billets. 1600 pour un café et un peu de riz ! C'est un peu cher. Ah non, c'est pour nous 4. Ouh là, en fait c'est vraiment donné !

Au pied des escaliers, un homme nous indique gentiment des étagères pour ranger nos chaussures. Notre tour effectué, au moment de les récupérer, il nous réclame 1000 kyats chacun ! Une femme à côté reprend ses chaussures contre 100 kyats. Bonjour l'arnaque, non merci.

Nous cherchons un petit peu de rivière pour passer l'après-midi. Elle n'est pas loin, alors je suis partant pour poursuivre à pied avant de revenir à 17h récupérer notre chauffeur de taxi qui reviendra nous chercher à la paya

C'est donc à pied que nous poursuivons le long de la route, cap au sud toujours. Après plusieurs kilomètres, les troupes en ont ras le bol. Cette rivière n'arrive jamais. Nous finissons par trouver des gars prêts à nous emmener en scooter pour 1 dollar chacun. Ok, mais nous lui précisons bien que nous voulons cherchons "a nice place" (un endroit sympa) avec, par exemple, un restaurant ou un endroit pour se poser tranquille. Pas de problème selon eux.

Finalement, on fait 3 kilomètres pour finir au bord du port pétrolier ! Quiproquo. Alors oui, on peut acheter une banane à la gargote du coin mais ce n'est pas vraiment l'endroit désiré pour un dernier jour de vacances. Un taxi traîne à quelques mètres. On remercie nos scooters à défaut de les maudire. Un seul taxi dans les parages. Il veut bien nous emmener à Kyauktan contre 15 000 kyats. Un prix trois fois trop élevé. La négociation démarre.

"How much you pay ?", je réponds 5. Il veut 10. Une demi-douzaine de mecs s'amasse autour de nous pour participer au débat. 5. 10. 8 alors. Non, 10. On lâche 8, "2+2+2+2". Il veut toujours 10, appuyé par ses copains.

Un des gars nous aborde : "8 you go ?", "yes". Pendant ce temps, un autre taxi est arrivé. 8, c'est bon pour lui, on est parti, nos sacs finissent dans son coffre. L'autre taxi nous court après, "8 ok". Ah non mon gars, cela ne se passe pas comme ça ! On reste avec l'autre. Quelques noms d'oiseaux d'Asie fusent entre les chauffeurs. Affaire réglée.

Enfin, un petit coin sympa. Kyauktan, au bord de la rivière Bago avec la paya Yélé trônant sur son île au milieu. Les fidèles traversent en bateau pour aller nourrir les poissons-chats entre deux prières. Nous restons quant à nous sur la berge.

L'après-midi passe gentiment entre un repas, une petite balade et un peu de lecture. Moins galère que le matin, c'est en bus que nous rejoignons notre point de rendez-vous à la paya. Une dernière glace et voici l'aéroport. La carlingue nous emporte un peu fatigués, mais ravis de notre périple. Dada Myanmar !

Myanmar - Le lac Inle

En bateau Simone !

Pour le lac aussi, il y a un droit d'entrée. 10 dollars. Nos guides nous abandonnent et notre pirogue nous attend. Elle nous emmène jusqu'à Nyaung Shwe. Nous remontons vers le nord la trentaine de kilomètres du lac.

C'est l'occasion de voir les fameux pêcheurs qui participent à la renommée du lac. Pour pêcher, ils placent un filet et encerclent une zone poissonneuse. Ils ratissent ensuite cette zone avec leur nasse et la parcourent avec une lance. Pour ce faire, il faut trois mains : une pour tenir la nasse, une pour tenir le bâton et pour la rame. Les pêcheurs étant normalement constitués, ils ont développer leur technique : ils rament avec leur jambe. La rame est coincée par l'intérieur du mollet et l'arrière de la cuisse.

Nous n'avons vu aucun poisson être capturé pendant que nous les observions. Je ne peux pas juger de l'efficacité de la technique mais au moins, cela ferre les touristes.

Nous ne logeons pas dans l'un des luxueux hôtels sur pilotis. Nous trouvons le notre dans le centre-ville de Nyaung Shwe. Nos chambres sont équipées de télé, première fois depuis Séoul. Cela nous permet de suivre à distance les tragiques évènements qui agitent le monde. Et là, la réplique pour rassurer maman avant de partir prend une résonance particulière : "ne t'inquiète pas, je serai plus en sécurité au Myanmar qu'à Paris !".

Le lendemain, nous trouvons (ou il nous trouve selon le point de vue) un gars pour nous promener en bateau sur le lac. Nous lui précisons les endroits que nous voulons voir, pas de soucis, il sait où mener sa barque. Nous faisons donc le tour des artisans du lac : bijoux en argent (attention les filles), ombrelles, papier, couteaux, cigares, objets en laque... le choix est large.

Nous côtoyons également les jardins flottants alimentant, entre autres, le pays entier en tomates. Deux jeunes filles en profitent pour essayer de nous vendre quelques fleurs. Elles partent à l'abordage de notre pirogue mais Benoit ne se laisse pas prendre et renvoie la fleur à son envoyeur !

Avant de quitter le région du lac Inle, nous louons des vélos. Objectif, apprécier le plan d'eau d'un nouveau point de vue. Nos bécanes nous emmènent jusqu'à un monastère. Des birmans bitument l'accès. Plus facile pour grimper. Autour du monastère, nous trouvons notre spot. Il nous a un peu fallu déblayer le terrain pour écarter les arbres du champ de vision, mais on a eu notre photo !

Sur la route du retour, nous nous arrêtons au vignoble Red Mountain. Sauvignon blanc ou pinot noir poussent sur les coteaux. Parait que la météo n'est pas optimale et que l'eau doit être amenée par un pipeline, pas bon pour les finances. Il en résulte des bouteilles chères pour un vin... qui permet de satisfaire la carte des restaurants touristiques du pays. La carte propose une dégustation de 4 d'entre eux. Il faudra retenir que le Inley Valley Rosé est correct. Mais tout ça ne restera pas dans nos mémoires. Il en faudrait plus pour nous bercer pendant le trajet de nuit en bus... retour à la case départ : Yangon.

Myanmar - De Kalaw à Inle

Nous retrouvons Kaitu, notre guide, ainsi que Win Ou, notre cuisinier. On est un peu surpris d'avoir un cuisinier inclus dans la prestation. Mais on ne va pas se plaindre.

Kaitu m'explique qu'il est d'origine népalaise, comme beaucoup de gens de la région. Il n'a jamais été au Népal mais ses parents y sont nés. Les britanniques ont amené des népalais en Birmanie pour en faire des soldats, solides et robustes pour tenir dans les montagnes. Pendant la haute saison, les treks c'est tous les jours pour lui. Il n'y a que trois mois de pause par an pour les 200 guides de Kalaw.

Des forêts de pins, des petites vallées, des jardins où poussent fraise ou ananas pour être vendus aux marchés des environs. Nous arrivons à la paillote de la veille à l'heure du déjeuner. C'est une famille d'origine indienne. Chapati et salade d'avocat, un régal !

A nos pieds, une poule est suivie par ses poussins, eux-mêmes suivis... par les chiots qui rôdent. La propriétaire rouspètent après eux mais ils persistent. Un des poussins se perd. Un des chiots en profite pour se jeter sur lui. La petite boule jaune disparait en 3 coups de dents !

La marche continue. Les vallées s'enchaînent et nous arrivons dans notre village étape avant la tombée de la nuit. Les enfants rentrent de la classe. Certains parcourent plusieurs kilomètres à pied sur les pistes pour rentrer chez eux.

Avec Benoit, on se refait un petit tour. On escalade la colline qui surplombe le village. Au passage, on surprend quelques femmes en train de faire leur toilette à flanc de montagne ! De là-haut, on voit toute la vallée. Cela n'empêche pas le soleil de se cacher derrière le relief. La redescente se fait au pas de course avant le noir de la nuit.

Le temps de se passer un coup de seau sur la tête (pas de salle de bains évidemment) et Win Ou termine de préparer notre festin : frites, poisson mariné et frit, du tofu, des haricots, un dessert sésame et caramel... Nos papilles jubilent. D'ailleurs, les deux jours suivants, Win Ou continue de nous épater. Que ce soit de viandes, de légumes, de fruits, de gâteaux, de soupes... et même de crêpes et de bananes flambées à l'alcool de riz !

Pendant ces deux jours et demi, c'est une soixantaine de kilomètres qui nous font passer par monts et par vaux, à travers champs de maïs, de blé, de piment ou de gingembre

Avec Benoit, nous aurons même le droit à un petit détour. Notre groupe s'est séparé quelques minutes plus tôt, Win Ou emmène les filles directement par la route, chemin plus rapide. Cela devrait soulager Sophie qui souffre depuis le début du trek. Ses chaussures ne font pas de lumière mais lui donnent pas mal d'ampoule. Aïe.

Du coup Kaitu nous fat passer à travers champs. Il cherche un peu sa route, tâtonne. Le chemin n'est plus là. Nous finissons au milieu d'une épaisse végétation. Il est même difficile de progresser. Je vous rassure, il n'y a qu'un centaine de mètres à passer, mais il ne faudrait pas tomber sur un serpent ! Nous débouchons enfin à l'air libre après une petite séquence Bear Grylls. Kaitu s'excuse, il ne pensait pas que la végétation avait repoussé aussi vite et il n'a pas reconnu le passage habituel. Pas de soucis, on s'est bien marré avec Benoit ! Et nous arrivons au village avant les filles, Win Ou, même sur la route, s'est aussi un peu égaré...


Au bout le lac Inle.

Myanmar - Kalaw

2h du matin et le bus nous balance au bord de la route au milieu de nulle part. Ah non, au milieu de Kalaw. Cette fois, pas de cavalcade nocturne. Nous trouvons une auberge à 20 mètres de là. La porte s'ouvre quand on toque et il y a de la place. Banco.

Après avoir terminé notre nuit dans de bons lits, nous nous baladons dans la ville. D'abord, réserver le trek pour le lendemain. Ensuite, profiter de la journée pour avoir un avant-goût des environs. Nous traversons le marché, sortons de la ville vers un temple qui abrite un "bamboo buddha". Rien d'exceptionnel, nous passons... et tombons sur une terrain de jeux.

Là, on dirait que toute la jeunesse du coin s'est donné rendez-vous. Un match de foot, un poteau d'escalade en bambou, des gens qui pique-niquent. De la bonne humeur en pagaille.

Nous continuons la balade à travers un champ, retrouvons une piste qui serpente dans les montagnes. Deux heures de marche sur le chemin poussiéreux et au bout, la récompense avec un superbe point de vue sur une vallée, bien installés sur les bancs d'une paillote bien tranquille. La femme qui tient la boutique est surprise de nous voir arriver à cette heure, "no guide" me demande-t-elle. C'est moi qui fait le guide !

La redescente est plus rapide. Il ne reste plus qu'à enlever un maximum de poussière des chaussures. Nous goûtons à la nourriture népalaise dans un restaurant de la ville malgré une coupure de courant, la cuisine continue !

Myanmar - Bagan

Aujourd'hui, c'est vélo. Un des points forts du séjour, un lieu qui a pesé dans mon choix du Myanmar : la plaine de Bagan. "L'un des plus beaux spectacle au monde" si l'on se fie aux récits de Marco Polo. Pendant 230 ans, les rois de Bagan ont fait construire plus de 4000 temples dans une frénésie religieuse sans commune mesure. En 1287, une invasion mongole met fin à cette folie créatrice.

Depuis, pillages, érosion et séismes n'ont pas arrangé les temples. Les restaurations n'ont pas toujours respecté leur architecture initiale non plus. Il n'en reste pas moins un des sites les plus incroyables que l'homme n'ai jamais créé.

Pour apprécier l'endroit, rien de mieux que flâner à pied ou à vélo entre ces vieilles pierres. Une nouvelle mode semble aussi se développer : la location de petits scooters électriques. A vélo, c'est tout de même mieux, même si c'est plus difficile sur les pistes ensablées ! Mais c'est encore plus difficile lorsque l'une des pédales se fait la malle comme cela arrive sur celui de Sophie ! Heureusement que l'on trouve des gars sympas qui veulent bien nous filer un boulon. Deux fois dans la journée.

Le site est vaste. Et pourtant, en haut des temples, je tombe dans la même journée en face de deux gars différents avec qui j'ai discuté un peu plus tôt dans mon voyage. Un belge croisé avant le trek à Hsipaw et un perpignanais tourdumondiste croisé en attendant mon bus pour repartir de Hsipaw. Le Myanmar est
petit. Par la taille, pas par l'esprit !

Bagan est aussi réputé pour ses levers/couchers de soleil du haut d'un temple. Le coucher du jour étant une nouvelle fois trop nuageux, nous nous levons tôt le second jour. Cela vaut le coup d'aller pédaler quelques kilomètres, de grimper les marches abruptes au petit jour et de supporter le boucan des touristes chinois pour voir les rayons du soleil raser les briques millénaires et suivre des yeux l'envol des montgolfières survolant la plaine.

Nous nous baladons de nouveau autour des temples. L'après-midi, nous passons dans un marché et c'est l'occasion de comprendre le mystère du thanaka : la crème est tirée de l'écorce d'un arbre, le thanaka, frottée contre une pierre avec un peu d'eau. Les femmes s'en badigeonnent les joues à la fois comme produit de beauté et maquillage. Pour le plus grand bonheur de ces demoiselles !

Myanmar - On se la coule douce

Nous partons tôt pour embarquer sur notre bateau direction Bagan. Nous embarquons avec des hordes de touristes. Sur la berge, ce sont des hordes de moustiques qui nous guettent.

Nous voguons déjà sur les flots quand nos réalisons qu'il est 8h, nous avons oublié de nous souhaiter la bonne année ! Voilà chose faite.

Le bateau slalome entre les bancs de sable. La journée se passe gentiment entre sieste, lecture et admiration du paysage. Des péniches remontent le fleuve à contre-courant. Les moteurs crachent.

Nous arrivons à Bagan vers 17h, avec plus de 2 heures de retard. Il fait déjà nuit. Il nous faut payer un droit d'entrée à l'arrivée à l'embarcadère : 20 dollars. "Expensive" comme s'exclame un vieux ricain mécontent. En effet, le prix a augmenté ce même jour, 1er janvier. Hier, c'était 15 dollars...

Myanmar - Deuxième phase du voyage

Nous restons une journée supplémentaire à Mandalay et en profitons pour louer des scooters. Benoit et moi aux commandes, les filles à l'arrière. Les premiers tours d'accélérateur sont un peu sportifs, pour passer les vitesses et savoir s'imposer dans le trafic. Et je dois avouer que j'accuse un peu le coup physiquement après mon épopée pédestre et matinale de la veille.

Mais nous prenons nos marques. Nous nous rendons à Sagaing, de l'autre côté de l'Ayeyarwady, pour grimper la colline où se trouvent une multitude de petite pagode. 6000 bonzes et nonnes y résident aujourd'hui.

Nous retraversons le fleuve et empruntons l'autoroute. Celle-ci est vide, pas grand monde à part une charrette ou deux. Nous visitons Inwa, qui fût capitale pendant 400 ans. Du faste de l'époque il ne reste qu'une flopée de vestiges, remparts et pagodes. Nos scooters souffrent sur les chemins défoncés. Nous en faisons rapidement le tour, plus rapide que pour les touristes qui choisissent le tour en calèche. A noter, cette épatante tour de guet... qu'il n'est plus possible d'escalader, celle-ci jouant les tours de Pise, différents tremblements de terre mettant à mal son assise. A son pied, des birmanes veulent nous vendre des babioles. Elles ont l'habitude des touristes, notamment français car elles déclarent dans la langue de Molière : "c'est pas cher", "je l'ai fais moi-même"...

Sur le retour, nous repassons par le lac Amarapura, une nouvelle tentative pour admirer le coucher de soleil... Pas de bol, le ciel est encore couvert.

Le soir, c'est dans un restaurant thaï que nous passons le réveillon. On sent l'effervescence des jeunes dans la ville. Par contre à minuit, nous dormons déjà, fatigués. On se souhaitera bonne année à 6h30 demain, il sera minuit en France.