Jour 155 - Miami Beach

Le petit avalé, nous sommes sur la plage. L'eau paraît froide... finalement pas tant que cela, surtout lorsque l'on se dit que nous sommes au mois de décembre en hémisphère Nord. L'avenue longeant la plage se nomme Ocean Drive et a des allures de Copacabana : bronzage et culte du corps, le topless en plus.

La plage est large. Les traditionnelles cabanes des sauveteurs sont là à scruter l'océan. En face, c'est l'Europe ! Un gars traque les éventuels bijoux perdus dans le sable avec son détecteur à métaux. Seules quelques petites vagues viennent agiter une plage bien calme.

Nous partons découvrir les résidences du quartier. Des tripotées d'immeubles ont les pieds dans l'eau. Les bateaux de plaisance baignent dans la marina. Une grande majorité des gens que nous croisons dans les rues ont des origines espagnoles.

Nous repassons à l'auberge. J'envoie à tout hasard un mail à Rémi, ancien collègue de Centrale Nantes qui travaille à Miami depuis un an. Il me répond qu'il peut finalement nous loger ! Nous passons le voir chez lui. Il lui reste quelques jours à Miami avant qu'il ne revienne en France. Nous retournons à l'auberge mais prévoyons de revenir dormir chez lui le lendemain si l'on peut se faire rembourser nos nuits suivantes payées d'avance.

Jour 154 - Allo Houston ?

Nous partons pour l'aéroport après le petit déj. 9 dollars de navette et 25 dollars de frais supplémentaires pour pouvoir mettre son sac en soute, nous nous dénudons pour passer les portiques de sécurité. Notre vol 36 minutes de retard en prévision. Une fois dans l'avion, on a le droit a un film sur un écran commun mais rien à grignoter.

Nous faisons une escale à Houston, à peine le temps d'aller aux toilettes, vu le retard, et c'est reparti. Ce coup-ci, on a un écran individuel... mais il faut payé pour pouvoir s'en servir. Les transports ne sont vraiment pas agréables dans ce pays.

Une fois à Miami, on cherche à rejoindre le centre. La navette est à 21 dollars par personne ! On va se rabattre sur les taxis... et finalement on apprend qu'il y a un bus. Après une attente certaine à la nuit tombée, le bus arrive. Nous n'arrivons pas à acheter le ticket à l'automate, le chauffeur nous dit de nous asseoir, tant pis, nous en paierons pas. Il faut encore savoir descendre au bon arrêt. Un couple de petits vieux sympathiques nous expliquent en espagnol. Nous descendons en fait pile poil en face de notre auberge !

Jour 153 - Exploratorium

Je commence la journée en cherchant la poste. Je dois renvoyer mon dossier pour le remboursement du piratage de ma carte bancaire... je n'ai pas écrit "lu et approuvé" sur ma lettre de contestation.

Nous enchaînons ensuite avec la visite de l'exploratorium. C'est en fait un rassemblement de plsuieurs petites expériences. Rien qui ne casse vraiment des briques, c'est plus destiné aux enfants, mais on y trouve tout de même des choses intéressantes, comme un robinet placé sur des toilettes. D'après Yann, l'eau était potable !

Le soir, on cherche à aller au cinéma, mais à l'adresse que l'on nous a indiqué, il n'y a rien. Tant pis, on trouve un bar où les consommations sont à 2 dollars... il y a du monde, même beaucoup trop, impossible de tenir dans le bar. Direction l'auberge, le lendemain, un avion nous attend.

Jour 152 - Alcatraz

Une fois le copieux petit déjeuner avalé, nous nous engageons sur les pas de Al Capone et embarquons pour la prison d'Alcatraz. A peine le pied posé sur l'île, on nous confisque nos affaires, nous donne un pyjama rayé, un matricule et un boulet est attaché à nos pieds. Un militaire se met à brailler dans nos oreilles dans un anglais de bon américain : "vous êtes maintenant sur Alcatraz, sous mon autorité..."

Mais non, je déconne. On a juste le droit à une petite introduction sur les moyens de sécurité qu'offrait l'île: des gardiens, des tours de guet et l'eau, avantage par rapport à une prison classique. Un audioguide est à disposition de chaque visiteur. Et en différentes langues s'il-vous-plaît. On y entend les souvenirs d'anciens détenus et gardiens. Nous déambulons dans les couloirs, entre les cellules. Les détenus entendaient les bruits de la ville au loin, surtout au Réveillon. Ils jouaient au bridge pour passer le temps, cela évitait de penser à s'évader.

En 1946, se produisit ce qui est surnommé "la bataille d'Alcatraz". Un détenu a bricolé un écarteur pour les barreaux de la cellule. Il arrive à prendre un garde par surprise mais celui-ci n'a pas la bonne clé! Avec des complices, ils arrivent à capturer 8 gardes mais ils n'ont toujours pas la clé permettant d'accéder à l'air libre... L'alerte sonne enfin. Furieux, les apprentis évadés abattent les gardiens. Finalement, l'armée est envoyée et à coup de grenade, matte l'émeute. Les malfrats sont retrouvés morts.

Un matin de 1962, il manque 3 personnes au comptage, dont deux frères. Un des gardiens s'empressent d'aller les réveiller, près à leur remonter les bretelles. Au lieu de cela, une tête tombe à ses pieds lorsqu'il tire sur les draps du détenu soit disant endormi: les 3 compères ont fabriquer des faux corps avec du ciment et de la peinture. Un trou est creusé dans leur cellule avec des cuillères en fer forgé taillées en pointe. Ils sont passés par le couloir de réserve puis ont disparu... sans jamais redonner signe de vie ensuite. Ils apprenaient l'espagnol: soit ils ont fini leurs jours au bord d'une plage sud-américaine, soit ils ont péri noyé dans la baie de SF. Un film de 1979 avec Clint Eastwood, Escape from Alcatraz, a opté pour l'option espagnole.

La prison a fermé ses portes le 21 mars 1963, après avoir vu passer 1576 prisonniers. Le plus fameux étant Al Capone, ayant séjourné là de 1934 à 1938 après avoir régner sur Chicago et le trafic d'alcool du temps de la Prohibition.

Jour 151 - Academy of Sciences

Aujourd'hui encore, il faut occuper notre journée. Cela fait déjà plusieurs jours que nous sommes "bloqués" à SF, un peu long à vrai dire, même si la ville est très sympathique et intéressante. Nous allons encore utiliser notre pass pour l'Académie des Sciences de la ville.

On peut y trouver un aquarium mais aussi un planétarium recréant les conditions d'une forêt tropicale: de la canopée au sous-sol de l’Amazonie. Il faut faire attention à ne pas embarquer un papillon dans ses cheveux, un employé veille au grain à la sortie, et est équipé d'une épuisette au cas où. A l'opposé, on peut également voir des pingouins.

Il y a également les inévitables panneaux pour sensibiliser le public à l'écologie et au réchauffement climatique. On jette ensuite un coup d’œil au toit végétal. Puis on a le droit à une vidéo avec écran à 360° sur l'origine de la vie sur terre... Tout ça est intéressant, sans que cela vaille le détour jusqu'à SF !

Nous finissons la journée par quelques bouts de pizza, quelques parties d'échec à l'auberge et une ou deux parties de TLMVPSP sur Internet. Notre retour en France s'approche !






Jour 150 - Bike the bridge !

On avait prévu de se lever le plus tôt possible pour louer des vélos. Finalement, je ne me réveille qu'à 8h45, j'ai zappé le réveil. C'est pas grave, à 10h on a la tête dans le guidon.

Nous suivons un itinéraire recommandé par le loueur: Market Street, Alamo Park et les Pink Ladies. Ce sont les maisons typiques de la ville, reconnaissable parce que peintes de différentes couleurs, sur des tons plutôt pâles tout de même. Nous continuons vers l'Ouest, à travers le parc du Golden Gate.

Nous arrivons ensuite à l'océan Pacifique: Ocean Beach. Les surfeurs se donnent dans les vagues. On pose nos bécanes pour piétiner un peu le sable. La température n'est pas assez clémente pour envisager la baignade, nous sommes en Novembre. La plage est très étendue, nous ne la parcourons pas en entier mais repartons plutôt pour le Nord.

Nous suivons un sentier côtier. On passe en mode VTT pour quelques centaines de mètres puis nous atteignons un excellent point de vue sur le Golden Gate. Nous le rejoignons ensuite et le traversons. Le vent nous attaque de face et souffle pas mal sur le pont ! On appuie comme il faut sur nos pédales et nous voilà à Sausalito, les hippies ayant investi les lieux dans les années 60 ont laissé la place aux bobos fortunés de la Silicon Valley.

Nous nous arrêtons dans une supérette pour manger vite et pas cher. On est quand même partis le ventre vide et il est 13h. Notre sandwich est bien mérité, on repousse donc tant bien que mal les goélands qui nous observent alors que nous mangeons au bord de la baie.

Question: on envisage le retour, on continue plus loin? Allez, tant qu'on est motivés, on poursuit vers le Nord. On vise le Old Mill Park. On apprécie le paysage.

Après le sympathique centre-ville de Mill Valley, nous sommes dans le parc. Une tripotée d'habitations se situent dans les bois, au milieu de grands arbres. Je me dis qu'ils ne doivent pas avoir beaucoup de soleil dans leur salon. Nous tombons ensuite sur l'arrivée d'une course à pied. C'est en fait un trail d'au moins 40 kilomètres. Le chrono affiche déjà plus de 7h22 de course !

On se dit ensuite que le jour va commencer à disparaître et que l'on a vu assez de sequoias, donc nous repartons pour SF. Bonne journée, avec 8h de vélo et 65 kilomètres !

Jour 149 - SF Moma

Aujourd'hui, c'est ravioli. Ah non, c'est visite du musée d'art moderne: Moma (Museum of Modern Art). L'audioguide est gratuit, c'est bien. En français, c'est encore mieux. Malheureusement tout n'est pas traduit mais c'est déjà pas mal. Braque, Picasso, de l'art abstrait... c'est pas mal mais sans trop d'explications... Yann ne tient pas 15 minutes. Je le laisse partir et fait tout de même le tour. Il y a quand même quelques trucs sympas.

En sortant du musée, je passe par la Market Street. Les soldes du "black friday" battent leurs plein. Les dollars coulent à flot dans les magasins où s'entassent des milliers de San-Franciscains. Congratulations à la marque à la pomme, où il y a plus de vendeurs que de clients dans le magasin, et pourtant il y a du monde: impossible de circuler. Je profite des soldes pour m'acheter un nouveau suite en remplacement de celui que j'ai laissé à la frontière guatémaltéco-mexicaine.

Après avoir retrouvé Yann, nous partons à la recherche d'un bar sympa. On a repéré un petit concert par Internet. Nous galérons à trouver à la bonne adresse, la rue étant double entre la partie "North" et "South"... faut le savoir. Il faut montrer patte blanche à l'entrée pour prouver notre majorité. Nous n'avons que nos cartes d'identité française. Le gars veut les passeports... on ne se promène pas avec! Du coup, on ne peut pas rentrer. Fuck.