Jours 56 et 57 - Back in Buenos Aires

Nous retournons à Buenos Aires en bus et bonclons la boucle Argentine. Niveau confort, un des meilleurs bus que j'ai pris jusque là d'ailleurs.

Le lendemain, direction le quartier de la Boca ("la Bouche"). Aurélien et Florian y sont déjà passé lorsque j’accompagnais Cécile à l'hôpital, mais ils y retournent volontiers. La Boca est célèbre pour le caminito, une rue où les maisons sont toutes colorées. Dans ce quartier pauvre, les habitants récupéraient les fonds de peinture qu'ils pouvaient pour peindre les tôles de leurs maisons, et les couleurs sont apparues. Des couleurs, du jaune et du bleu, il y en aussi à la Bombonera, le stade du mythique club de football Boca Juniors, un des meilleurs du continent. Il a été créé par les jeunes du quartier en 1905. Cherchant un étendard pour leur équipe, ils décident d'adopter les couleurs du drapeau du premier bateau arrivant au port du Riachuelo: un bateau... suédois.



Maradona est sur tous les murs et le tango dans toutes les oreilles. Des représentations ont lieu dans les rues, pour le plus grand bonheur des touristes.

L'après-midi est dédiée à la chasse aux souvenirs en centre-ville. On fait les 36 magasins de la calle Florida... et on les fait 36 fois. C'est un véritable sport. Le soir, nous voulons faire un restaurant pour manger une dernière fois de la viande argentine ! Nous passons du côté de Puerto Madero... mais les restaurants sont trop chics et les prix s'envolent. Finalement, nous trouvons notre bonheur à deux pas de l'auberge... bife de lomo et papas fritas, malbec et glace en dessert. Nos papilles en redemandent. Cerise sur le gâteau, le restaurant nous offre la coupe de champagne à la fin du repas !!!

Jours 54 et 55 - Rosario

Nous arrivons à Rosario vers 6h30 du matin. Nous nous dirigeons vers l'auberge de jeunesse que nous a recommandé des amies rosariennes, que j'ai rencontrées un an plus tôt à Cuzco au Pérou. Après une bonne douche revitalisante, nous partons à pied découvrir la ville natale du fameux Ernesto Che Guevara.


Nous sommes le 22 août et c'est jour férié en Argentine, date de la mort de San Martin, le libérateur du pays. Quasiment tout est fermé, un peu galère pour trouver à manger !

Nous passons au Monumento a la Bandera, un mastodonte de pierre, constitué d'un énorme bâtiment à colonnes, d'une place et d'une tour de 70 mètres de haut. Les argentins ont mis le paquet pour matérialiser le lieu où est né leur drapeau national, sur les berges du Rio Parana.

Le soir, nous retrouvons Célina et Sabrina, deux des rosariennes de Cuzco. On va boire un verre et on mixe entre le français, l'anglais, le portugais et bien sûr l'espagnol pour communiquer ! Elles se rappellent leurs cours de français au collège : "Je m'appelle..." et "Qu'est ce que c'est ? C'est une mini-calculette" ! Avec l'accent bien sûr.

Le lendemain, c'est mon anniversaire ! Un petit tour sur ma boîte mail pour voir qui ne pas m'a pas oublié malgré la distance ! Merci à eux ! En bonus, une super vidéo de la famille.

Nous partons ensuite à la recherche de la maison natale de Ernesto Che Guevara. Suivant les indications obtenues à l'auberge, nous trouvons la bonne rue, mais avons un doute sur la maison. Nous tentons de nous informer auprès des passants, certains savent que le Che a vécu ici, mais on n'est pas sûrs d'avoir la bonne maison (une petite plaque devant la matérialiser... plaque que nous ne trouverons jamais!). On se rattrape en trouvant une place en hommage au Che: "un rosarino qui a luté contre l'injustice pour un monde meilleur". L'occasion pour Aurélien de sortir son t-shirt Che Guevarec !


Le soir, nous retrouvons Célina, Sabrina et Yandira pour manger. L'occasion de me chanter "Feliz cumpleaños" (= Joyeux Anniversaire) et de souffler une bougie sur une tartelette à la patate douce ! Une spécialité de la région. Excellent :)

Jour 53 - Hasta la vista Chile

La nuit fut blanche, afin de ne pas rater notre bus retour pour l'Argentine partant tôt de la gare routière. Nous nous apprêtons à prendre le métro pour nous y rendre... mais voilà, il est encore trop tôt ! Le métro ouvre plus tard le weekend, et nous sommes dimanche.

Du coup, petit coup de stress ! Il y a des bus qui passent, mais encore faut-il être sûr de trouver le bon. Du coup, nous nous rabattons sur un taxi. Malheureusement, nous n'avons quasiment plus de pesos chiliens, on avait calculé juste ce qu'il nous fallait avant de quitter le pays. Après négociation avec le chauffeur, on arrive à payer la course avec nos 2000 pesos restants et 10€ que Florian avait avec lui. Ouf.

Et on arrive même en avance au terminal de bus. Il nous faut encore 6 heures pour retraverser les Andes. Le passage à la frontière est délicat. Perso, moi je dormais, tout comme Florian, mais Aurélien était bien éveillé quand il a senti le bus déraper sur plusieurs mètres sur le bitume verglacé d'un des virages serrés. Pas rassurant.

A Mendoza, nous restons deux heures au terminal de bus avant de continuer notre route, direction Rosario pour cette journée kilométriquement chargée.

Jours 50 à 52 - Frontera cerrada

Ce jeudi, nous retournons sur Santiago, prêts à reprendre la route pour l'Argentine. Oui mais non, la frontière est en fait fermée pour cause d'intempéries: 70 centimètres de neige au col, alors quand on a vu la route en lacets, on comprend que les bus n'y circulent pas ! Le problème est que l'on ne sait même pas quand elle va rouvrir... les pronostics sont pour le dimanche.

Du coup, nous partons à la recherche d'une auberge. Celle où nous étions quelques jours ne nous attirent pas, il n'y avait pas de chauffage et y faisait beaucoup trop froid. Nous en trouvons donc une autre, avec en prime un billard et un Guide du Routard sur le Chili. Nous suivons ses conseils pour un restaurant de Santiago: nous y mangerons une superbe parrilada (poulet, boudin, côte de porc, steak avec des pommes de terre). Qualité et quantité pour un prix plus que correct. Le tout saupoudré d'un vin chilien. Nous croisons d'autres compatriotes, guidés par les mêmes conseils que nous. Pour le dessert, nous demandons la même chose que nos voisins: une michelada? Ok, c'est ça que nous voulons alors! On aurait dit de la bière avec du sucre glace façon cocktail sur le verre: en fait, c'est de la bière, citronnée, mais avec du sel sur le bord. Beurk.


Le lendemain, on se refait un tour en ville, dont un passage sur le morro Santa Lucia, offrant un autre point de vue sur la ville. On commence à avoir fait le tour de la ville... alors petit "pub crawl" le soir.

Le lendemain, nous devons changer d'auberge, puisqu'il n'y a plus de places libres pour nous. Nous en trouvons une autre, posons nos sacs et ré-arpentons la ville. Le soir, un asado est proposé à l'auberge, un barbecue quoi, pas cher mais ce n'est pas très bon. Par contre, nous rencontrons "deux voisines": deux sœurs de... Sulniac ! Camille s'apprête à commencer un semestre à Santiago, et sa grande sœur Aurélie l'accompagne la première semaine. Avec tout ce petit monde, nous nous motivons pour aller dans un bar de nuit. Dedans, nous avons la bonne idée de laisser nos affaires dans un coin. Aurélie nous raconte comment elle s'est déjà fait voler son sac ainsi dans une boîte londonienne... pendant ce temps là, quelqu'un repartait avec mon manteau, mes lunettes et Stanley... grosse perte en une seule fois. Le mauvais plan total, il fait froid et mes lunettes me sont quasi indispensables la nuit. Snif. Stanley lui continue sa vie au Chili, ou ailleurs.

Jours 48 et 49 – Viña del Mar y Valparaiso


Nous partons sur la côte. Même pas deux heures de route et nous voilà à Viña del Mar petite station balnéaire calme en ce mois d’août. Notre auberge est une grande maison réaménagée, vue sur la mer depuis la fenêtre depuis la chambre : el Pacifico !
Nous allons même nous y baigner… enfin y tremper la main, parce que la bonne température n’est pas au rendez-vous. Le soir, le soleil se couche à l’Ouest pour le plus grand bonheur de nos yeux.

Le lendemain, c'est au tour de Valparaiso. On s'y rend en métro depuis Viña del Mar: nous arrivons au port, où petites barques et énormes porte-containers nous attendent.

C'est ensuite à pied que nous partons explorer "Valpo": pleine de couleurs, la ville offre un paysage urbain particulier. Sur le flanc des collines les maisons peintes s'amoncellent, s'entremêlent de petites rues pentues où chaque parcelle de mur ou d'escalier peut être le support d'une œuvre d'art. Les graffitis sont légions.

Nous escaladons les escaliers au hasard. Valparaiso a mauvaise réputation , style Rio de Janeiro, alors je me méfie, surtout avec nos appareils photos à la main... mais il n'y a pas grand monde dans les rues, nous sommes trois mecs et puis la vue vaut le déplacement. Au détour d'une rue, une femme nous interpelle: "faut pas rester là, es peligroso (dangereux) pour vous !". D'accord, on s'en va, merci madame

Nous nous dirigeons tout de même vers la maison de Pablo Nureda, célèbre écrivain chilien, Prix Nobel de littérature en 1971. Il mourra deux ans plus tard, officiellement d'un cancer de la prostate... ou officieusement assassiné peu après le coup d'état qui renversa Salvador Allende. Sa maison est un musée "à ciel ouvert"... mais il n'y a rien d'intéressant à voir.

Le soir, c'est l'anniversaire de Florian ! Un peu de pisco, l'eau-de-vie locale pour l'occasion.

Jours 46 et 47 – Santiago


Nous grimpons dans notre minibus pour Santiago du Chili : 6 heures pour franchir les Andes. Les vignes laissent place à la roche et la neige. Quelques minis stations de ski au bord de la route font le plus grand bonheur des habitants de cette région frontalière. Nous passons la frontière, une longue route en lacets nous fait descendre vers le Chili.

On galère un peu à trouver notre auberge : on n’a pas noté l’adresse ! Par chance, elle est notée dans mon guide d’Amérique du Sud… par contre il a déjà deux ans d’âge et quand nous arrivons devant le bâtiment, personne n’ouvre.

Ce n’est pas bon signe. Nous menons l’enquête enquête dans le voisinage, mais il n’y a pas grand monde dans ce quartier délabré. Un gars nous annonce finalement qu’il n’y a plus rien dans le bâtiment depuis le tremblement de terre en début d’année ! Arf.

Mais nous avons quand même réservé sur internet, donc elle existe bien quelque part cette auberge ! Passage par un cybercafé, un coup de métro et nous voilà à bon port. Ouf.

L’auberge est énorme, étalée sur pas moins de 8 étages ! Et surtout bien mieux située, près du centre. De quoi partir découvrir la ville à pied. Bellavista, le quartier des bars et restaurants. Les rues du centre. Le palais présidentiel et son énorme drapeau chilien… Des étudiants font grève à proximité : ils réclament la gratuité de l’éducation.
On se mange une empanada au pied du funiculaire nous emmenant au sommet de la ville. Le gris de Santiago s’étale à nos pied, les montagnes émergent au loin derrière la brume. Nous redescendons à pied, c’est notre côté sportif. La main verte et curieuse d’Aurélien nous fait découvrir un amandier au bord du sentier, c’est notre côté aventurier !

Jour 45 – Mendocita


Une journée tranquille sous le soleil de Mendoza, l’occasion d’aller manger une glace sur un conseil du guide du Routard, les argentins sont assez bons sur les glaces, influences italiennes obligent. A la table d’à côté, un autre guide du Routard : un couple de bretons ! Lui de Crozon, elle de Lizio. Les bretons sont partout ou le monde est petit ?

Nous flânons un peu sur le marché de la place principale, toujours les mêmes babioles à vendre. Puis nous cherchons la poste… fermée. Il nous faut juste une boîte aux lettres pour envoyer quelques cartes postales. Nous demandons donc à une passante, puis deux.... Personne ne sait. Ils n’envoient pas de lettre ici ? Au bout de la troisième personne, on a une piste : une vieille boîte métallique sale se situe dans un coin de la rue. On n’est pas sûr de notre coup, notre informateur non plus, mais on peut y glisser les cartes. Les boîtes de la poste sont rouge en Argentine, suffit de le savoir.

Puis nous achetons nos billets de bus pour le lendemain. De retour à l’auberge, c’est soirée pizza internationale avec les londoniens et toutes sortes de latinos : Argentine, Colombie, Mexique…