Jour 7 - Pipa et les dauphins

Aujourd'hui, on se lève tôt pour prendre la direction de Pipa et nous laissons Helcon avec Pandora et Lobo. Après environ 2h de bus depuis la gare routière, nous y voilà. Lorsque nous descendons du bus, un type nous propose ses services de guide. Le gars ne ressemble à rien, et Pipa n'est qu'une petite station balnéaire quasi déserte à cette époque de l'année, donc on préfère s'en passer.

Mais il insiste, et ne nous réclame rien. Par contre, s'il peut nous emmener à notre auberge, il gagnera un bon point, qu'il pourra échanger à la préfecture contre une mini-rémunération. Ok coco, on lui donne alors le nom de notre auberge, située à 200m. Et la pluie se met à tomber.

Après s'être installés dans l'auberge déserte, nous partons sur la plage sous une pluie fine. Nous atteignons la bahia dos golfinos (= la baie des dauphins) qui porte bien son nom, les cétacés émergent régulièrement de l'eau à quelques mètres de nous. Malgré la pluie, on s'est mis à l'eau pour l'occasion.

A midi, un bon petit restaurant à volonté. L'après-midi on parcoure Pipa. La saison ne commencera que 2 ou 3 semaines plus tard, quand le soleil sera plus présent et les touristes pullulants. Pour le moment, c'est très calme.

Le soir, on prend une pizza. L'occasion d'échanger quelques mots avec le pizzaiolo. Il est chilien et voyage depuis 5 ans maintenant, mais est à Pipa depuis 2 mois et demi. Il parle un peu du Chili... et nous dit qu'il ne fait que quelques degrés à Santiago en ce moment. Glagla, quand je pense que j'y serai un mois plus tard, j'embrasse mes tongs et le thermomètre brésilien, toujours sympa, même en hiver!

Jour 6 - Chez Helcon

Cette sixième journée ne sera pas la plus active du voyage, c'est le moins que l'on puisse dire. Le fait de devoir prendre plusieurs bus depuis chez Helcon pour rejoindre la ville ou la plage, associé à une bonne flemme... et nous passons une partie de la journée à jouer tranquillement aux cartes.

On fait un tour dans le quartier... mais pas grand chose à faire dans les environs. Une journée calme, reposante... pas pour tout le monde. La chienne Pandora a décidé de se nettoyer les crocs avec ma brosse à dents. Observez le résultat!

Jour 5 - Natal

Nous arrivons à 6h30 à la gare routière. Nous avons trouvé un autre couchsurfeur: Helcon. Il a répondu 2 jours plus tôt qu'il pourra nous héberger, juste à l'appeler en arrivant.

On prend le temps d'un petit déjeuner frugal et je l'appelle ensuite. Il répond, ouf! Et, avec la voix encore à moitié endormie, me donne les indications pour rallier son domicile. Deux bus plus tard, nous voilà au Nordestão, un immense supermarché. Helcon arrive un peu plus tard, accompagné de Pandora, sa dalmatienne. Il a également un husky, prénommé Lobo (= loup!), qui attend sagement chez lui.

Helcon, ce n'est pas du tout le même style que nos hôtes de Fortaleza, mais c'est aussi cela qui est intéressant avec le CouchSurfing. Après avoir posé nos baluchons et commencer à discutailler, nous partons manger dans un petit restau au kilo du quartier. Bon marché (5 reais = 2€) et quelques mouches! Helcon n'a pas de travail fixe en ce moment et il loue une petite maison dans un quartier... populaire. Il donne des cours d'anglais dès qu'il peut et espère pouvoir profiter de la Coupe du Monde prochaine pour développer un réseau, une affaire dans le tourisme. Rien n'est encore vraiment fait, mais il a l'air d'avoir des projets plein la tête.

L'après-midi, Marin et moi partons visiter la ville. Après un bus, nous rejoignons la côte et ses récifs que nous parcourons à pied. D'un côté, l'océan, de l'autre, Natal et ses 800 000 habitants. Au fait, Natal a été fondée le 25 décembre 1599... ce qui donna son nom à la ville... Natal signifiant tout simplement Noël.

Au bout de ces récifs, se tient le fort des Rois Mages. Devinez pourquoi il s'appelle ainsi! Je vous le donne en mille: la construction du fort a débuté le 6 janvier 1958. Le fort fût d'ailleurs l'origine de la ville. L'intérêt du fort était de garder des troupes dans la région dont la conquête et la domination portugaise étaient menaçées par les corsaires français trafiquant le fameux bois du pau-brasil et les gourmands hollandais coloniaux.

Un guide nous présente le fort et son implication dans l'histoire du Nordeste et du Brésil en général. Il parle également des éléments de défense: le mur de 14 mètres d'épaisseur (!), les canons, la double porte à l'entrée (pour pouvoir coincer les éventuels ennemis souhaitant entrer...), les cadres de portes bas (les portugais mesurant entre 1,40m et 1,60m alors que les hollandais atteignaient des tailles plus élevées), les récifs (difficultant l'approche maritime) et l'escalier "moins 1"... tout content de ce sobriquet, le guide nous explique pourquoi il surnomme l'escalier ainsi. En fait, c'est un escalier très raide, sans main courante pour s'accrocher. Lors d'une éventuelle attaque, le premier objectif de l'envahisseur serait de monter désactiver les canons sur le toit. Sachant cela, il suffit de poster deux soldats en hauts des marches qui n'ont qu'à repousser l'assaillant, retombant durement sur la pierre. Ne reste qu'à s'écrier: "et un de moins" pour le combat! Le nom est resté.

Nous terminons la journée est se baladant dans la ville. Nous tombons par hasard sur un français qui tient une boutique de souvenirs. On discute un peu, c'est un ancien de FEA, la fac d'économie à côté de notre école à SP. Le monde est petit. Il nous dit qu'on a de la chance, qu'on est jeune, pleins d'énergie... il nous parle d'anciens camarades, qui sont partis à Londres ou à New York et non à São Paulo comme lui. Il lâche dans un soupir qu'ils ne sont pas forcément plus heureux...

Voilà voilà, on sent qu'il s'emmerde un peu dans sa boutique dans le Nordeste! Il a besoin de parler avec des compatriotes français. Il en vient même à nous parler de DSK. C'est pas qu'il est pas sympa, mais on le laisse fermer sa boutique tout seul et on retourne chez Helcon. On lui préparé même à manger, notre spécialité: des pâtes!

Jour 4 - Domingo

Gabi nous fait tomber du lit à 11h du matin (!), elle veut nous emmener à la plage. Dans ce cas là, pas de problème! On passe même acheter des pâtisseries avant, et en voiture. Une grande étendue de sable, des vagues, un soleil de plomb, c'est de la vraie plage du Nordeste. Avec Marin, nos peaux blanches de paulistas commencent à obtenir un teint meilleur.

Après avoir bien bronzer, Gabi veut nous emmener à une fête de leur communauté. C'est l'anniversaire de Fabricio, un des membres de "l'Union du Végétal", c'est le nom de la communauté en question. Une telle fratrie, cela paraît un peu obscur à première vue... Durant le trajet en voiture, Gabi en profite justement pour nous expliquer un peu le fonctionnement.

En 1961, Jose Gabriel da Costa, le "maître Gabriel" fonda la société religieuse de l'Union du Végétal (UDV). Il aurait eu une révélation en buvant du thé au fin fond de l'Amazonie brésilienne, et se serait inspiré, entre autres, du spiritisme. C'est une doctrine philosophique développée par le français Allan Kardec vers 1857, et très présente au Brésil (30 millions d'ouvrages de ce philosophe ont été vendu au Brésil!).

Après la mort du maître, l'UDV a commencé à s'étendre au Brésil. Les plupart des grandes villes du pays comptent des unités de l'Union. Il y en a même à Lisbonne, en Espagne ou aux USA. L'Union fonctionne par tribus de 100 à 200 personnes. Lorsqu'il y a trop de monde, le groupe se sépare en 2 nouvelles entités et ainsi de suite. L'UDV est plutôt une religion alternative. Certains principes et règles sont encouragées, comme ne jamais boire d'alcool. Mais rien n'est imposé, c'est à chacun de faire son choix.

En début d'après-midi, nous arrivons ainsi dans une belle et immense maison, là où se déroule la petite fête d'anniversaire. Comme on est des amis de Gabi, alors on est des amis pour tout le reste de la tribu! On nous submerge de crevettes, de riz et de glace. Le sens du partage à la brésilienne plus les valeurs de la communauté, on est bien tombé: on en peut pas faire plus sympa! En pratique, toutes ces familles se réunissant régulièrement sont comme un immense groupe d'amis.

Mais voilà, c'est notre dernier jour à Fortaleza avant de continuer notre route vers le Sud, et nos hôtes nous ont demandé de leur faire une recette française... Avec Marin, on pense bien évidemment aux bonnes crêpes bretonnes! En fin d'après-midi, nous achetons donc le nécessaire pour notre chef-d'oeuvre du soir.

Après quelques péripéties culinaires, nous préparons nos crêpes au plus grand bonheur des papilles de Gabi, de sa famille et d'une bonne dizaine de voisins (tous membres de l'Union) attirés par la publicité faite un peu plus tôt. Crêpes salées, crêpes sucrées, c'est vraiment bon. Et je reste objectif quand je le dis! Mais le temps passe et nous préparons déjà nos sacs après une petite photo de groupe. Départ pour Natal en bus.


Jour 3 - Canoa Quebrada

La veille, nous avons réservé un tour pour Canoa Quebrada, une des superbes plages du Nordeste, à l'Est de Fortaleza. L'agence nous appelle pour confirmer notre présence. C'est gentil, mais le coup de téléphone à 6h50 du matin, cela me réveille, et j'ai un peu la tête dans le c.. pour répondre.

Donc nous partons pour récupérer le car de touristes à l'heure, après 30 minutes de marche à pied. Et quand je dis "touristes", j'entends par là familles avec enfants et couples de retraités.

Après une petite heure de trajet, nous arrivons à la première étape: labyrinthe de sable, visite d'une grotte, du sable de toutes les couleurs... enfin, c'est ce qui était promis. En fait, pour profiter pleinement, les organisateurs nous conseillent de prendre le tour en quad à R$35/personne, non inclu dans le tour évidemment. La quasi totalité des touristes se laisse tenter. Marin, moi et deux grands-mères déclinons l'invitation. On peut dire adieu à la "superbe" grotte, c'est trop loin à pied.

Avec les deux mamies, un des guides nous emmènent donc se balader dans le "labyrinthe". Cela ne casse pas des briques. Pas de grotte pour nous, mais la plage est jolie, c'est déjà ça. Ensuite, nous repartons en car pour la deuxième plage: celle de Canoa Quebrada. Là aussi, la plage est jolie. Et le soleil tape bien fort. On peut déguster nos sandwichs sur la plage. Heureusement que l'on a acheté ce qu'il fallait avant, sinon on serait encore pris au piège àa acheter à manger à l'unique restaurant du coin, avec des prix deux fois plus élevés que la normale. Tout est bon pour délester le gentil touriste.

Après tous ces bains de soleil et d'eau salée, le soir, le car nous laisse en ville. Se faire promener comme des assistés a parfois du bon, mais c'est sympa quand cela s'arrête!

Jour 2 - Fortaleza

On commence cette première vraie journée de voyage... par une bonne grasse matinée! Pour le petit déjeuner, nous avons le droit à une galette de tapioca. Miam.

En début d'après-midi, Gabi prend sur son temps de travail pour nous déposer en centre-ville. Nous marchons du teatro municipal jusqu'au mercado (= marché) municipal de 4 étages, remplis de t-shirts et autres souvenirs touristiques. On cherche le centre culturel, le trouve finalement. On y rencontre des statues de bronze et un musée inutilement ennuyeux.

Nous nous dirigeons ensuite sur le front de mer. Hot-dogs et açaï pour nos papilles, en regardant les fortalicienses (= habitants de Fortaleza) faire du roller. La ville compte environ 2,4 millions d'habitants, ce qui en fait la 4ème du pays. Puis le soleil se couche sur l'océan.

La nuit tombée, nous retrouvons Gabi et deux de ses amies pour assister à un concert gratuit en centre-ville. Samba-rock au programme, cela bouge entre les vieux bâtiments coloniaux.

Jour 1 - C'est parti!

6h du matin, je pars pour l'aéroport de Guarulhos avec Marin, mon accolyte pour visiter le Nordeste. Marin est français également, étudiant à SP pendant un an. Nous embarquons à 9h mais le décollage prend du retard, le plein de fioul n'a pas encore été fait! "Bienvenue à bord" et on décolle finalement avec 30 minutes de retard.

Comme d'habitude, l'avion prend de l'altitude, on passe les nuages. Au bout d'une quinzaine de minutes, l'avion commence à virer de bord. Juste un virage pour caler la position, rien d'anormal jusque là. Mais le virage est très prononcé... "on va rentrer sur São Paulo" me dis-je amusé...

Pas de bol, c'est le cas. Une passagère a un problème de santé à l'avant de l'appareil et l'avion doit donc rentrer à Guarulhos. Une fois de retour sur le tarmac, elle est évacuée de l'appareil. Mais il faut encore sortir son bagage de la soute. Les minutes s'égrennent, c'est un peu le cafouillage, l'équipage demandant à certains passagers de descendre pour ne pas rater leur connexion, puis finalement non...

Pendant ce temps là, quatre employés de l'aéroport rouvrent les soutes et sortent les bagages sur le bitume. A 12h, le com
mandant annonce fièrement au micro qu'ils ont "déjà" retrouvé le bagage en question. On devrait donc décoller sous peu... 3h de retard, pour le moment.

Quelques instants plus tard, le commandant annonce que l'équipage doit être changé pour respecter les lois des horaires de travail, un équipage ne pouvant pas dépasser un certains nombres de travail consécutives. Bon, ils vont arriver "dans 5 minutes". 10 minutes plus tard, il
s vont toujours arriver "dans 5 minutes". Ils arrivent finalement, mais il y a une file d'attente pour décoller: nous sommes 7ème... soit environ 23 minutes d'attente supplémentaires...! Au bout du compte, nous décollons avec 4h de retard. Les vacances commencent bien!

3 heures et 2384 kilomètres plus tard, nous sommes à Fortaleza. Notre hôte, trouvée par le site Internet CouchSurfing quelques jours plus tôt, s'appelle Gabi (pour Gabriela). Elle vient nous chercher à l'aéroport en voiture, rien que ça, et nous amène chez elle. On y rencontre Sylviane sa maman, Natanaël, Davi et Sara ses frères et soeur. Ils sont tous très sympas, et une poignée de voisins font aussi leur apparition. Leur demeure est en fait une des 10 maisons construites sur un même grand terrain, tous les propriétaires étant des amis de longue date, appartenant à la même communauté, dénommée L'Union.

Le temps de prendre une douche et ils nous emmènent, Marin et moi, manger des caranguejos (= crabes). On sort ensuite en ville, tout cela pour se coucher après une bonne journée de 24h!

PS: CouchSurfing est un site communautaire, où tout le monde peut s'inscrire. Vous pouvez vous inscrire pour proposer aux autre membres une place chez vous pour quelques nuits. De l'autre côté, vous pouvez chercher un hébergement pour quelques nuits. Le site est basé sur la confiance et le partage, tout le monde est gagnant: celui qui est accueilli, comme celui qui reçoit. Le premier trouve une solution plus agréable et moins coûteuse qu'un hôtel. Le second partage (et construit!) l'expérience d'un voyageur, parfois venu de l'autre côté du monde!