Os Normais

Deuxième présentation d'un film brésilien.

Aujourd'hui, je vous présente Os Normais, une comédie adpatée de la série télévisée du même nom diffusée au Brésil par Rede Globo entre 2001 et 2003. Avec un total de 71 épisodes et plusieurs récompenses, le programme reste à ce jour la série réalisant la meilleure audience moyenne un vendredi soir. Il faut savoir que les novelas (= séries) sont une véritable institution au Brésil.

Le film reprend l'histoire de la série, se passant à Rio de Janeiro. C'est en quelque sorte l'équivalent de nos Chouchou et Loulou nationaux. Le film est sorti en 2003 au Brésil et a attiré le plus grand nombre de spectateurs cette année là, il raconte la rencontre des deux personnages principaux.

Le pitch: le lendemain de leurs mariages respectifs, lui avec Martha, elle avec Sergio, Rui et Vani se retrouvent sur le port, Vani devant partir en croisière pour sa lune de miel. Ils ne se connaissent que depuis la veille, un "mini flash back géant" montre au spectateur les péripéties des deux personnages depuis leurs mariages jusqu'au lendemain.

Le mieux, c'est que les acteurs parlent clairement et pas trop vite dans l'ensemble. Bien que n'ayant pas de sous-titres, j'ai quand même pu comprendre les dialogues!

En parlant de vacances...

Je suis en vacances au mois de juillet, pendant un mois, ce qui correspond à l'intervalle entre les deux semestres de l'année scolaire. Je vais donc en profiter pour revenir en France!

J'ai pris mon billet d'avion cette semaine, je me poserai donc à Paris le 30 juin. Je repars, de la capitale également, le 5 août pour reprendre les cours à SP.

Voili voilà.

Deuxième semestre

Voilà maintenant 5 semaines que j'ai repris les cours, ce deuxième semestre est donc déjà bien entamé.

Mon nouveau programme scolaire est constitué de 9 matières, validant 32 crédits (à peu près autant d'heures de cours) et de la réalisation de mon Trabalho de Formatura (= Travail de Formation), communément appelé TF.

Le TF, c'est un projet, s'échelonnant sur 2 semestre, à réaliser par groupe de 5 élèves, devant permettre l'aplication des connaissances acquises dans les 4 domaines de Génie Civil enseignés: structures et fondations, construction, transport et hydraulique. L'intitulé de mon sujet est à peu près l'implantation d'une nouvelle station de train à SP. Affaire à suivre.

Sinon, mes nouvelles matières sont:
-Sistemas Prediais (= immeubles): alimentation en eau froide/chaude, en électricité, service incendies...
-Tecnologia de Construção dos Edificios I: types de fondations, de structures...
-Estruturas Metalicas: calcul de structures
-Gestão dos Investimentos na Construção Civil
-Saneamento I (= assainissement): étude des stations de traitement d'eau potable
-Hidraulica Geral III: modélisation des écoulements de rivières et canaux
-Fundações: dimensionnement des fondations
-Planejamento Urbano (= planification urbaine) dos Sistemas de Transporte: sans doute ma préférée!
-Administração das Empresas (= entreprises).

Je vais également devoir me mettre à la recherche d'un stage pour le prochain semestre.

Et puis j'allais oublié: je suis en vacances! Oui déjà, mais pendant une semaine seulement, la Semana Santa (= Semaine Sainte).

Belo Horizonte

Et le carnaval prend fin.

Etant dans le Minas Gerais, j'en ai profité pour aller faire un petit tour de quelques jours à BH (pronomcez "Bé Haga") alors que Yann est directement reparti vers São Paulo. Les Mineiros ont pensé une nouvelle capitale pour remplacer Ouro Preto, symbole du colonialisme et difficile d'accès. BH est née, énergique, à l'image du nouveau drapeau brésilien arborant: Ordem e Progresso (= Ordre et Progrès).

2h de bus après avoir quitté Ouro Preto, me voilà à la gare routière de BH. Pour mon logement, j'avais trouvé un contact par le site Couch Surfing. Ce site met en contact des personnes proposant de bon gré (et gratuitement) un lit ou un canapé et des personnes en voyage recharchant un toit pour quelques nuits. Ce site est basé sur la confiance, le respect de règles de base et sur l'échange.

J'ai l'adresse du Couch Surfeur en question (Fausto) et son numéro. Oui mais voilà, je n'ai pas de portable (il est resté quelque part au Pérou...). J'appelle donc d'une cabine téléphonique à la gare routière (avec la carte téléphone d'un français, en voyage depuis 3 mois en Amérique du Sud!) mais Fausto ne répond pas. Par mail, il m'avait prévenu qu'il arriverait en fin de journée, revenant de la côte où il passait le carnaval.

Je prends tout de même un taxi, et me rend chez lui. Bien sûr, personne n'est là. Après 10 minutes d'attente, je me résouds à retourner en centre-ville. Mon chauffeur est sympa et donne confiance, je lui demande donc une adresse d'un logement pas trop cher. 40 reais de voyage plus tard, je me retrouve à quelques patés de maison de la gare routière, dans un petit hôtel ne payant pas de mine. De plus, ma nuit fut un peu perturbée par tout le vacarme provenant de la fenêtre de la chambre. Un peu la loose.

Le lendemain, la journée commence bien par un bon petit déjeuner. Je n'ai jamais eu autant de choses différentes à manger au petit matin, sans compter la colonie de fourmis installée sur ma table s'en donnant à coeur joie avec le sucre.

Je quitte l'hôtel vers 8h pour bien profiter de ma journée. Un peu refroidi par mon échec de la veille, je prends mon billet retour pour SP, départ à minuit, et puis la rentrée va arriver avec mon rattrapage de concreto. Je me balade ensuite un peu dans le centre-ville. La ville, de 2,5 millions d'habitants, semble plus organisée que SP, notamment le système de bus, me paraissant plus simple d'utilisation. Les gens aussi paraissent plus sympathique. A gauche, une place importante de la ville, a Praça Sete, à droite, o Parque Municipal, havre de verdure tropicale... où tous les clochards de la ville semble dormir.


En suivant les conseils du performant office de tourisme de la ville (Belotur), je me rends à Pampulha, un quartier sorti de terre en quelques années (1942-1944) sous l'impulsion du maire de la ville, Juscelino Kubitschek, aidé du jeune architecte Oscar Niemeyer. Une dizaine d'années plus tard, en 1956, Kubitschek est élu président du Brésil. Il lancera la construction de Brasilia en 1960, dont Pampulha fut en quelque sorte un coup d'essai. Quant à Niemeyer, il va devenir un des plus célèbres architectes brésiliens.

Là où il n'y avait que des champs, est apparu un ensemble architectural important, unique, vitrine de l'architecture moderne, le tout autour d'un immense lac artificiel.


Toujours dans le même quartie, se trouve le Mineirão: le stade de foot de la ville, qui accueillera plusieurs matchs durant la Coupe du Monde 2014 qui se déroulera au Brésil. Pour R$3, je peux le visiter. C'est parti. L'accès au hall avec tous les trophés est libre, ensuite, on m'emmène dans les vestiaires, où une quinzaine de baignoires, une quinzaine de douches et une quinzaine de transats attendent les joueurs. Ensuite, direction la pelouse et son système d'arrosage automatique. Elle m'a l'air bien chouchoutée cette pelouse.


Je retourne ensuite dans le centre-ville, découvrir la praça da Liberdade, l'animé quartier de Savassi et le Museu Historico Abilio Barreto, présentant le dernier vestige d'une ferme de Curral del Rey, village détruit vers 1890 pour laisser la place à BH.

Dans la journée, j'ai réussi à téléphoner à Fausto, dire que je vais bien (il ne m'a pas vu arriver chez lui et n'avait pas moyen de me joindre!). Il est arrivé beaucoup plus tard que prévu, suite à un problème sur l'autoroute à son retour de la côte. Le timing est un peu juste pour le voir. Tant pis, peut-être une prochaine fois!

Je retourne récupérer mes affaires à l'hôtel en me perdant un peu, je ne savais pas le nom de la rue... le tout sous la pluie bien sûr. Puis direction la gare routière, sans me faire voler mon sac par les gens un peu louches traînant dans le quartier. Retour à SP, la rentrée arrive...

Ouro Preto

Ouro Preto, ce n'est pas seulement le carnaval, c'est aussi la plus belle des nombreuses villes coloniales du Minas Gerais et berceau du premier mouvement d'indépendance au Brésil, ce qui en fait la troisième destination la plus visitée du pays.

Selon la légende, un serviteur d'un groupe de bandeirante (= aventuriers qui exploraient le Brésil entre le 17ème et le 18ème siècle) découvrît des fragments d'un métal noir dans une rivière près du site de l'actuelle ville d'Ouro Preto. C'était de l'or. Quelques années plus tard les gisements étaient les plus importants du Nouveau Monde, la ruée vers l'or est entamée (à grands renforts d'esclaves).

Au milieu du 18ème siècle, la ville, fondée en 1711, comptait plus de 110000 habitants (50000 à New York à l'époque). Elle devint la capitale de l'état du Minas en 1721. L'intégralité de l'or était récupéré par la couronne portugaise, les fraudeurs étant sévèrement punis: une première révolte éclata en 1720.

En 1789, nourri des idées de la Révolution Française, un mouvement nommé l'Inconfidência mineira s'érigea contre la colonisation portugaise alors que les gisements s'épuisent, les impôts étant de plus en plus pesants sur les mineurs. Mais les agents du roi matèrent cette rebellion. Un des leaders, Tiradentes (= arracheur de dents), fut le seul à ne pas nié son rôle: il fut exécuté après 3 ans passés au fond d'un cachot, sa tête exhibée, sa maison détruite et son terrain recouvert de sel pour que rien n'y repousse.

Je me suis rendu au Museu da Inconfidência traitant de cet important chapitre de l'histoire et présentant également des oeuvres de l'Aleijadinho (célèbre sculpteur et architecte de l'époque) et des instruments de torture!

J'ai également visité le Museu de Ciência e Técnica da Escola de Minas avec son impressionnante collection de pierres et joyaux venant du monde entier. Il s'y trouve également (entre autres) une salle où on l'on peu s'inicier à quelques principes de la physisque, ceci tout en s'amusant, youpi!

Troisième et dernière visite: la Casa dos Contos, centre financier au 18ème siècle, elle servit de prison pour les membres de l'inconfidence. Aujourd'hui, elle abrite une exposition sur l'histoire de l'or et retrace l'histoire de la monnaie au Brésil, du cruzeiro et du real.

En 1897, Belo Horizonte devient la nouvelle capitale du Minas Gerais ce qui a permis à Ouro Preto de conserver son style colonial, avec ses 23 églises de style baroque et ses ruelles pavées, agrippées au paysage très vallonné de la région. En 1980, l'Unesco en fait le premier site brésilien classé au Patrimoine mondial de l'humanité.

Carnaval

Le carnaval, une véritable institution ici au Brésil, la plus grande fête populaire du pays, s'étalant sur 5 jours précédants le Mercredi des Cendres, avant le Carême.

Le carnaval est arrivé au Brésil durant le 17ème siècle, influencé par les fêtes carnavalesques européennes, notamment françaises, où le carnaval prenait la forme de défilés, les participants utilisant masques et déguisements.

La fête devint réellement populaire au début du 20ème siècle et a pris de l'ampleur. A cette époque, des chansons sont spécialement écrites pour le carnaval. En 1928, la première école de samba voit le jour à Rio de Janeiro. La samba est une musique née au Brésil, mélange des cultures des esclaves noirs africains, des indigènes et des colons européens.

Aujourd'hui, le carnaval de Rio est sans doute le plus connu à travers le monde, attirant de nombreux touristes. Les écoles de samba s'affrontent durant les défilés. Plusieurs juges attribuent une note pour chacun des critères tel que l'harmonie, l'impression d'ensemble, les costumes... Seule une école reçoit le titre de meilleure école de l'année. A gauche, une vue du Sambodrome où a lieu une partie des défilés.

Le carnaval de Salvador est également très réputé au Brésil, mais à la différence de Rio, il est qualifié de carnaval de rue. De nombreuses bandas (= groupes) jouent dans la rue, précédant la foule dansant au rythme des percussions.

Pour ma part, avec Yann, j'ai passé le carnaval à Ouro Preto, dans le Minas Gerais, vu que plusieurs brésiliens croisés durant notre voyage dans les Andes nous l'ont conseillé, notamment des mineiros (= habitants du Minas Gerais). Il y a une forte proportion d'étudiants à ce carnaval, qui est un carnaval de rue, quasi exclusivement des brésiliens. Il y a de nombreuses republicas (= des collocs étudiantes) dans la ville. Moi, j'étais à la Republica Favela. Les gens sont vraiment sympathiques, les mineiros très accueillant et la bonne humeur règne. Durant les 5 jours, des défilés, fêtes et concerts sont organisés, un exemple sur la photo de droite.

São Paulo, le retour

Et oui, qui dit voyage, dit fin de voyage, et donc retour au point de départ.

Mais, arrivé début février, cela m'a laissé encore près de 3 semaines avant le début des cours le 22 février. De plus, mon seul rattrapage, en Concreto (= béton), a eu lieu seulement le 24 février, et non entre le 8 et 12 comme prévu initialement.

J'ai d'ailleurs eu le résultat de mon épreuve de rattrapage la semaine suivante: validé! Au final, j'obtiens 5/10 de moyenne dans cette matière, tout juste pour valider (je rapelle que pour valider une matière et obtenir les crédits associés, il faut obtenir 5/10 au minimum à la fin du semestre). Je fais donc partie des 10 validés pour cette matière ce semestre, sur les 45 élèves assistant à ce cours! Durant le semestre, je m'en sors donc avec près de 6,4/10 de moyenne (en supposant que mes 6 matières aient le même coefficient).

Niveau météo, j'ai quitté le froid bolivien pour les chaleurs estivales brésiliennes. Les premiers jours du mois de février ont été marqués par de fortes températures, dans les 35°C à SP (et même 40°C à Rio de Janeiro). Le plus étonnant, c'est que tous les jours, il se mettait à pleuvoir des cordes vers 17 ou 18h, en fin d'après-midi. 1 ou 2h plus tard, il refaisait beau temps.

Depuis, la météo a changé, il y a même eu une période de "froid". Le mercure est même descendu vers les 15°C, j'ai même dû mettre un pull. En ce moment, il fait beau, parfois lourd et de temps en temps, une grosse averse qui ne dure pas trop longtemps. Par exemple, ce weekend, je sors pour aller prendre ma douche. A priori, il y a quelques nuages mais sans plus. Et en coupant l'eau de la douche, je trouve étonnant d'entendre encore de l'eau couler! En fait, j'entendais l'eau dégringolant du toit. Dehors, c'était le déluge!

Les plus attentifs ont peut-être remarquer que je dois "sortir" pour prendre ma douche. En effet, ce nouveau semestre est marqué par un nouveau logement. Ou plus précisément, une nouvelle chambre dans le même logement. J'ai en effet déménagé de quelques mètres pour atterir dans cette chambre, voir ci-contre.

C'est un carré de 3 mètres sur 3 environ. Si je dois sortir, c'est que ma porte (et ma fenêtre aussi) donne directement dehors, la photo de gauche est ce que je vois lorsque je sors et lève un peu les yeux. Ma salle de bains (pas tout à fait exclusive mais presque) est donc à l'extérieur, sur la terrasse située en bas d'un escalier. Le plus embêtant, ce sont les jours de pluie puisque dès que je rentre dans ma chambre, je salis mon "hall entrée" (ce qui n'est pas négligeable sur 9m², vous en conviendrez). Il n'est pas toujours agréable de sortir prendre sa douche sous la pluie, se doucher, se sècher, puis revenir dans sa chambre sous la pluie de nouveau. Le froid non plus c'est pas génial (sortir en pyjama quand il fait 15°C par exemple). Mais des fois, il fait beau, et là cela fait plaisir!